L’Egypte remplace le Cameroun à 158 jours de la date du coup d’envoi de la CAN 2019 – Agence Congolaise de Presse (ACP)

L’Egypte remplace le Cameroun à 158 jours de la date du coup d’envoi de la CAN 2019

Kinshasa, 09 janvier 2019 (ACP).- Le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a désigné, mardi à l’hôtel du Terrou-Bi, à Dakar, l’Egypte comme pays-hôte de la phase finale de la 32ème Coupe d’Afrique des nations, la première à 24 équipes, à 158 jours du coup d’envoi du tournoi.

Sans doute refroidie par les difficultés financières de l’Afrique du Sud et séduite par le lobbying des Pharaons, qui ont montré plus de volonté, la CAF a estimé que les Egyptiens étaient les plus aptes à organiser ce tour final de la CAN au pied levé, indique Afrik-foot.com. Il faut dire que le pays de Mohamed Salah dispose d’un dossier très solide en termes d’infrastructures avec une douzaine de stades de plus de 20 000 places à disposition. A priori, le tournoi, prévu du 15 juin au 13 juillet 2019, se déroulera à travers cinq villes : Le Caire, Alexandrie, Suez, Port-Saïd et Ismaïlia, toutes proches géographiquement. Ce qui éviterait de longs déplacements. L’ambiance dans les stades promet également d’être au rendez-vous.

En revanche, l’Egypte devra veiller à soigner l’aspect sécuritaire. D’abord dans les stades où la plupart des matchs ont eu lieu à huis clos depuis le drame de Port Saïd, en 2012 (depuis cette saison, 5 000 supporters sont autorisés par match). Il est à rappeler aussi que le pays est régulièrement la cible d’attaques terroristes, même si la menace est globalement circonscrite à certaines zones. Le sélectionneur algérien, Djamel Belmadi, a, quant à lui, mis en avant les conditions climatiques, avec les fortes températures au pays des Pharaons à cette période de l’année, même si les Egyptiens se sont défendus en soulignant que la plupart des matchs auront lieu en soirée. A 158 jours du coup d’envoi, les Pharaons n’ont en tout cas pas de temps à perdre afin d’être prêts pour le jour J !

La candidature du pays des Pharaons, qui accueillera sa 5ème CAN (la dernière remontait à 2006), a été préférée à celle de l’Afrique du Sud. Pour rappel, le Cameroun avait été désigné comme pays-hôte initial de cette compétition en 2014 mais ce statut lui a été retiré le 30 novembre dernier en raison du retard pris dans les travaux.

La CAF justifie son choix

Le président de la CAF, Ahmad Ahmad, a expliqué, quelques heures après l’attribution de la CAN 2019 à l’Egypte, pourquoi les Pharaons ont remporté la mise devant l’Afrique du Sud.

Face à l’Afrique du Sud, la différence s’est faite non pas en termes d’infrastructures, puisque les deux pays disposaient déjà de plusieurs stades aux normes internationales pour cette première CAN à 24, mais sur la volonté politique. Les membres du comité exécutif n’ont pas senti un véritable soutien de la part du gouvernement sud-africain, en proie à des difficultés financières, pour porter ce projet.

« Dans l’autre dossier, il n’y avait pas d’engagement de la part du gouvernement. Il n’y a pas de garantie ni d’engagement énorme du gouvernement. Tandis que, dans le cas de l’Egypte, il y a l’engagement du Premier ministre et par-dessus tout un budget qui a déjà été alloué« , a clarifié le président de l’instance dirigeante du football africain, Ahmad, au micro de RFI. « Puis l’explication du cabinet d’audit Roland Berger a été très claire concernant le fait que les infrastructures des deux pays se valent. Donc la seule solution était de voir dans quel pays il y avait un fort engagement de la part du gouvernement.« 

Le dossier égyptien semblait en revanche pénalisé par des problèmes de sécurité, avec une menace terroriste plutôt préoccupante. Mais, Ahmad compte bien que tout soit mis en œuvre pour endiguer ce risque d’ici au mois de juin. « Avant la Coupe du monde 2018, tout le monde avait peur des problèmes de sécurité en Russie mais cela leur a permis de travailler à fond pour qu’il n’y ait aucun incident« , a estimé le dirigeant avant toutefois d’amorcer une comparaison assez douteuse.

« La France aussi possède aujourd’hui des risques énormes, en termes de terrorisme surtout, et ça n’empêche pas la FIFA d’organiser la Coupe du monde (féminine) cette année. Le grand enjeu, c’est de coopérer avec l’Etat afin qu’il s’engage à fond pour parer parce qu’ils ont des experts en matière de sécurité« , a-t-il conclu. Au pied du mur après avoir retiré l’organisation de la CAN au Cameroun et confrontée au refus du Maroc de se porter candidat, la CAF n’avait de toute façon pas bien le choix. L’instance va tout faire désormais pour que l’avenir lui donne raison d’avoir opté pour l’Egypte. ACP/NIG

 

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