La femme, première victime dans la problématique de l'exploitation des ressources naturelles en RDC - Agence Congolaise de Presse (ACP)

La femme, première victime dans la problématique de l’exploitation des ressources naturelles en RDC

(Par Tanya Yeme Muamba) 

Kinshasa, 27 Juillet 2017 (ACP).- La République Démocratique du Congo est un pays qui dispose d’énormes richesses du sol et de sous-sol. Malgré ces potentialités, elle figure encore parmi les pays les plus pauvres au monde.

A cette triste réalité, s’ajoute celle d’une catégorie des personnes très affectées aux alentours et dans les sites extractives. Il s’agit des femmes et des enfants. Le constat est que la femme, moins représentée dans ce secteur, n’a aucun mot à dire dans le débat sur la gestion des ressources naturelles. Pourtant, elle est la première victime dans la problématique de l’exploitation des ressources naturelles en RDC.

C’est ainsi que le 08 mai 2017 le Forum des femmes dans la gouvernance des ressources naturelles (FFGRN) a été lancé à Kinshasa pour permettre à la femme à s’approprier la question de la bonne gouvernance des ressources naturelles en vue de parvenir à inverser la tendance dans ce domaine où elle est absente.

Cette structure, a dit Mme Dominique Munongo, sa coordonnatrice au cours d’une émission télévisée,  vise ainsi à encourager les femmes à s’engager résolument comme leurs collègues hommes à l’exploitation des ressources naturelle et à renforcer leur capacité de sensibilisation non seulement au sommet de l’Etat, mais aussi à la base.

Selon Mme Euphrasie Amina, chargée des questions économiques à « Open society southern Africa » (OSISA), le FFGRN est un signal fort qui permettra à la femme d’avoir son mot à dire dans le débat sur la gouvernance des ressources naturelles. L’objectif est d’atteindre un noyau de 200 femmes devant maitriser le basic sur la gestion des ressources naturelles, et parvenir à assoir un leadership de la femme dans ce secteur. «OSISA a un programme spécifique sur les ressources naturelles, opérationnel depuis 2009. Ce programme soutient les initiatives sur la bonne gouvernance des ressources naturelles», a-t-elle fait savoir.

Quant à Florence Boloko, secrétaire générale du forum régional des femmes, une structure de la CIGRL dont la RDC est membre. Elle a affirmé que les résultats de l’enquête réalisée par cette structure révèlent qu’aucune femme n’est propriétaire  d’un site minier. Par contre, elles ne sont là que pour travailler et recevoir de modiques sommes d’argent.

Face à cela, le ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant et d’autres partenaires au développement, ont décidé d’œuvrer pour changer la situation de ces femmes. En procédant surtout par identifier toutes les femmes qui rôdent autour des sites miniers afin d’agir promptement.

Ceci, avec le concours de la Banque Mondiale, un groupe de travail sera mis sur pieds. Un groupe de travail sera mis sur pieds, lequel auront pour mission d’encadrer ces femmes et les appuyer  pour assurer leur propre épanouissement. On ne peut pas parler des femmes sans pour autant parler des enfants. Pour cette couche vulnérable de la population, le tableau n’est pas aussi reluisant.

La convention N°138 de l’Organisation internationale du travail définit les travaux légers et non dangereux pour les enfants. En République Démocratique du Congo, les enfants qui vivent aux alentours des sites extractives ne vont pas à l’école et sont exposés aux dangers des déchets toxiques et aux maladies. Dans ces zones, les enfants sont souvent associés à la chaîne de production des minerais. Alors que le loi portant protection de l’enfant  à son article 50 interdit le travail des enfants.

Dans le souci de protéger l’enfant, le ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant a élaboré un plan d’action 2011-2019 qui sera mise en œuvre par la direction de protection de l’enfant. Ce plan consiste à sensibiliser les parents, les familles et les communautés et les entreprises sur le travail des enfants et prévoit des stratégies pour inciter des entreprises minières à construire des infrastructures scolaires et sanitaires.

Avec environ 300 entreprises minières sur son territoire, la RDC devrait en principe tirer profit de l’exploitation des ressources naturelles dont le taux de contribution dans le budget de l’Etat est estimé à seulement 15%.

Avec environ 135 millions d’hectares de forêt naturelle avec un taux de couverture de près de 60% de territoire, soit 10% de l’ensemble de forêts tropicales et du monde et environ 45% de celle d’Afrique, la RDC est le deuxième poumon mondial.

Ces forêts possèdent d’immenses diversités d’espèces végétales et biologiques, constituant ainsi un atout important pour le développement du pays. L’exploitation illicite des bois et le braconnage est à la base de la destruction de la faune et de la flore congolaise. ACP/FNG/YWM/Kayu/KGD

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