Une ingérence intolérable pour Kinshasa – Agence Congolaise de Presse (ACP)

Une ingérence intolérable pour Kinshasa

Le peuple congolais a suivi avec indignation les déclarations non conformes aux règles élémentaires de la diplomatie internationale des Présidents français, rwandais et angolais sur le processus  électoral en cours en RDC.

Les deux Présidents africains reçus à l’Elysée dans le cadre des relations bilatérales entre leurs pays et la France ont justifié leur position «d’avoir agi pour l’un en qualité de Président en exercice de l’Union africaine (U.A) et pour l’autre comme Président de la Communauté de développement de l’Afrique Australe (SADC).

Dans leur démarche peu étrange auprès d’une puissance étrangère, ils  se sont livrés à «une diabolisation sans commune mesure» de leur collègue de la RDC, oubliant à dessein des affres de la colonisation vécues par leurs peuples respectifs.

Tout récemment encore, Kigali accusait Paris pour «sa responsabilité présumée» dans le génocide rwandais de 1994. Du coup, la France devient un pays ami pour soutenir des «initiatives» du Président de l’Union africain sur la RDC, qui n’émanent malheureusement que de deux pays et non de 54  Etats membres qui  composent l’UA.

Celle-ci, fidèle à sa charte et à ses instruments juridiques, condamne des coups d’états en Afrique et ne s’ingère pas dans les affaires intérieurs» des pays membres, ni encore moins de leurs modèles de gouvernance». Dès lors, il est regrettable que certains pays africains soient tentés pour des raisons inavouées de «servir de tète de pont et de sous traitants» à des stratégies hostiles à la RDC, savamment élaborées en Occident. A regarder de près ce qui se passe en Afrique, certains pays du continent ne sont pas en odeur de sainteté.

Il est donc inimaginable que les leaders africains soient manipulés et utilisés comme «instruments» à la disposition des intérêts particuliers.

Devant ces élucubrations inoculées à travers le monde pour souiller l’image de marque du pays, les autorités congolaises, sans agitation, gardent leur calme pour s’occuper des affaires de l’Etat au moment même où le gouvernement s’attèle sans désemparer à ramener la paix et la sécurité à l’Est du pays et à préparer des échéances électorales pour lesquelles l’enrôlement est un succès, la loi électorale promulguée, le fichier électoral nettoyé et audité et la loi sur la répartition des sièges aussi promulguée. Comme qui dirait le chien aboie, la caravane passe.

La RDC a d’autres chats à fouetter, plutôt que de se laisser distraire par ceux-là même qui avaient mis à feu et à sang le jeune Etat congolais qui venait, à peine, d’accéder à son  indépendance et à sa souveraineté internationale.

Le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, fidèle aux idées-forces de nationalisme et de ne «jamais trahir le Congo» léguées au peuple congolais par Lumumba et M’zee Kabila, a rejeté catégoriquement toute ingérence étrangère en RDC et réitéré le caractère national des élections. A ce sujet, il avait invité le gouvernement de la République et la Commission électorale nationale indépendante à agir en toute responsabilité pour rejeter toutes les pressions extérieures de qui que ce soit en ce qui concerne les questions électorales qui relèvent de la souveraineté du Congo.

Ce signal en direction de ces détracteurs est fort. Il doit interpeller la conscience de tous les maitres à penser qui, dans leur agenda bien caché, s’évertuent nuit et jour, à cor et à cri, à faire des pressions injustifiées sur un pays souverain jusqu’à intervenir publiquement à l’étranger dans son processus électoral, alors que Kinshasa ne l’a jamais fait autant dans leurs pays, dans le seul de déstabiliser la RDC afin de piller ses ressources naturelles.

Bien que le Congo soit indépendant et souverain depuis 1960, force est de constater que ce statut n’empêche pas du tout des forces hostiles d’intervenir directement dans ses affaires intérieures. Alors que dans sa résolution 1236 (XII) du 14 décembre 1957, l’Assemblée générale des Nations Unies «rappelle que les Etats doivent développer des relations d’amitié et de tolérance fondées notamment sur la non intervention dans les affaires intérieures des Etats».

Ces principes seront encore précisés dans la déclaration de l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’inadmissibilité de l’ingérence dans les affaires intérieures des Etats en 1965 et insérés en tant que tels dans sa déclaration du 24 octobre 1970 sur les principes du droit international  concernant les relations amicales et la coopération entre les Etats conformément à la charte des Nations Unies.

Bien plus, il est manifeste que le passage d’un jour à l’autre, du Congo, du statut de colonie à celui d’Etat indépendant, ne correspond pas à l’évolution de la mentalité des forces du mal qui demeurent encore imprégnée des idées colonialistes, foulant au pied les principes des Nations Unies dans les relations entre Etats.

Tout le monde se souvient que l’entreprise de déstabilisation de Lumumba, qui a conduit à sa liquidation physique, a été menée avec l’aval de ces forces du mal qui voyaient en lui un  homme extrémiste et nationaliste hostile aux intérêts occidentaux.

Le peuple congolais, soudé comme un seul homme derrière les autorités congolaises, ne veut plus ce genre de scénario macabre. L’heure est à la reconstruction et à la modernisation du pays.

C’est dans ce cadre que la RDC s’est engagée résolument dans un processus de développement et de consolidation des acquis de la démocratie. C’est pour atteindre cet objectif capital, que le Président de la République développe sur la scène internationale une coopération inclusive avec tous les pays, africains, asiatiques et occidentaux, sur le même pied d’égalité.

Cette position du chef de l’Etat de défendre à tout prix l’indépendance et la souveraineté de la RDC, explique la méfiance profonde de la part de l’Occident qui lui réserve un traitement négatif de sa personne dans ses médias à sensation parce qu’il l’a privé de la «manne congolaise», qui tombait jadis sans coup férir pour lui sous la Deuxième République. Une ingérence intolérable pour Kinshasa.

Par Joseph Kimba

Recommended For You

About the Author: La redaction

ACPnews

GRATUIT
VOIR