ISDR/Bukavu appelle à la pérennité des interventions des acteurs non-étatiques en santé - Agence Congolaise de Presse (ACP)

ISDR/Bukavu appelle à la pérennité des interventions des acteurs non-étatiques en santé

Kinshasa, 16 Fév. 2017 (ACP).- L’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR/Bukavu), à travers son programme « Consortium de recherche sur les moyens de substance (SLRC) », focalisé sur les aspects de la gouvernance, l’accès aux services de base avec un attention spéciale sur le secteur de santé, appelle à un volet consacré à la construction de la RDC, en vue de lutter contre une fragilité qui entrave l’efficacité et la pérennité de toutes les interventions conduites par des acteurs non-étatiques, a indiqué mercredi à Kinshasa, M. Aembe Bwimana, chercheur au sein de cet alma mater.

M. Bwimana qui intervenait au cours d’une conférence axée sur le thème « ISDR/Bukavu et la transformation locale en RDC, leçon et prochaines étapes » a expliqué que son étude fondée sur la prestation de services de santé publique non-étatiques, la gouvernance en réseau et légitimité de l’État en RDC, note l’impact négatif de la gouvernance en réseau du secteur santé sur la construction de l’État dans un contexte marqué par les conflits, ajoutant la fragilité sur les interventions financées par des bailleurs de fonds internationaux.

Selon le chercheur, cette étude analyse comment la gouvernance en réseau du secteur de santé contribue aux processus de construction de l’État et des résultats achevés dans le contexte fragile de la RDC orientale, dans les domaines d’une gouvernance effective de la santé publique, de la consolidation des modèles de gestion, et de la prestation de services de santé à travers les interactions entre acteurs étatiques et non-étatiques. « Nous examinons également la légitimité de l’État en lien avec l’expérience et les perceptions de la population dans un contexte où les prestations de santé publique sont assurées par des acteurs non-étatiques », soutient-il.

M.Bwimana a affirmé en outre que des acteurs privés ont dû pallier l’absence d’intervention étatique en la matière avec des interactions entre les acteurs étatiques et non-étatiques du secteur de santé en posant les prémisses d’un mode de gouvernance multipartite. Ces interactions expliquent en partie la survie du système malgré un contexte de fragilité étatique critique qui réduit les possibilités de coordination et d’alignement.

Les prestataires de service non-étatiques ont participé au déploiement des services publics de base tout au long de l’histoire de la RDC a-t-il fait savoir bien que certains chercheurs soutiennent que l’engagement des NSP (prestataires non étatiques), financé par des bailleurs de fonds internationaux, explique les perspectives de « résilience » actuelles du secteur de santé en RDC. Ces investissements, selon lui, n’ont pas profité également à toutes les provinces et zones de santé. Dans sa globalité, cette résilience du secteur s’explique en termes d’élaboration et d’application des politiques, de gestion du système de santé, et de prestation de services.

Les NSP constituent l’ensemble des organisations nationales et internationales, et des partenaires traditionnels et contextuels pour la plupart présents pour ’intervenir en réponse à la fragilité de l’État et aux conséquences humanitaires des conflits. Ces partenaires contextuels agissent principalement dans le cadre de projets et d’interventions humanitaires autonomes, centrés sur des situations de vulnérabilité sociale à caractère ponctuel.

En raison de leurs approches et politiques disparates, le chercheur souligne que ces organisations ont contribué à la décentralisation et à la fragmentation du système et que celles-ci sont considérées comme des partenaires traditionnels de l’État congolais tandis que ceux qui œuvrent sur le plan international en santé publique (principalement des institutions bilatérales et multilatérales) participent à la construction de l’État en RDC.

Nécessité d’un consensus politique en faveur des financements adéquats

Par ailleurs, M. Aembe Bwimana, chercheur à l’ISDR/Bukavu, a recommandé mercredi  à Kinshasa, au cours d’une conférence sur« ISDR/Bukavu et la transformation locale en RDC, leçon et prochaines étapes », la gouvernance en réseau et le consensus politique soutenu par la légitimité de l’État en RDC, en faveur des financements adéquats du secteur de la santé publique dans ce pays.

Les représentants de l’État et les bailleurs de fonds, selon lui doivent s’accorder sur le fait qu’au manque de financement adéquat du secteur de la santé publique en RDC, les contributions financières des donateurs  permettent au secteur de survivre. Le chercheur a affirmé que la gouvernance du secteur de santé en RDC manque de coalition à l’heure actuelle entre le gouvernement et les ONG et bailleurs de fonds internationaux qui n’ont pas le même discours sur la fragilité de l’Etat, précisant que ces acteurs ne s’accordent pas sur la politique d’intervention, et des logiques institutionnelles opposées s’affrontent dans le processus de décision politique et d’élaboration des interventions.

Il a précisé que les bailleurs de fonds justifient la poursuite des interventions d’urgence par la fragilité de l’État, tandis que les représentants de ce dernier cherchent à affirmer leur autorité politique et plaident pour un changement de paradigme en faveur de l’élargissement du contrôle de l’État. M. Bwimana a noté que l’absence du consensus autour de la notion de fragilité étatique influence les perceptions liées à l’État, ainsi que la participation des ONG et bailleurs de fonds internationaux à la planification des interventions de santé publique en RDC. Par ailleurs, a-t-il dit, les représentants du gouvernement congolais estiment que le concept d’État fragile est stigmatisant, et qu’il conforte les ONG dans leur réticence à se conformer à la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement. ACP/Kayu/May

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