Issa Hayatou veut collaborer avec Ahmad Ahmad à la CAF - Agence Congolaise de Presse (ACP)

Issa Hayatou veut collaborer avec Ahmad Ahmad à la CAF

Kinshasa, 20 mars 2017 (ACP).- Le président sortant de la CAF (Confédération africaine de football), Issa Hayatou aimerait rester proche des affaires du football africain malgré sa défaite face au Malgache Ahmad Ahmad, le jeudi 16 mars 2017 à Addis-Abeba, en Ethiopie.

« Sachez Monsieur le nouveau président que je suis à votre disposition, si jamais vous avez besoin de mon expérience. On ne peut pas avoir bâti l’organisation de la CAF pendant 29 ans et nous tourner le dos, c’est impossible ! », aurait lâché le dirigeant dans des propos rapportés par RFI.

Et le Malgache se montre plutôt ouvert à cette éventuelle collaboration. « J’ai une culture arabo-islamique dans laquelle le respect des aînés prévaut. Donc, il m’a offert cette opportunité et je vais la saisir », a-t-il assuré. Affaire à suivre.

Hayatou accuse la FIFA

Président de la CAF depuis 1988, Issa Hayatou a été détrôné par Ahmad Ahmad, jeudi lors de l’assemblée générale de la CAF à Addis-Abeba. Et visiblement, le Camerounais nourrit une grosse rancœur à l’égard de la FIFA (Fédération internationale de football association), soupçonnée d’avoir agi en sous-main pour faire élire son rival.

A l’issue de sa défaite, le dirigeant s’en est pris verbalement à la secrétaire générale de la FIFA, Fatma Samoura, a rapporté RFI. « Je sais que vous avez fait campagne contre moi ! », aurait lancé un Hayatou remonté et évacué par l’ancien buteur Roger Milla, très menaçant à l’égard des journalistes présents sur place.

Hayatou a donné du poids au football africain

Avec le départ d’Issa Hayatou de la présidence de la CAF (Confédération africaine de football), c’est la deuxième moitié de l’histoire de la Confédération qui s’achève. En 29 années, le Camerounais a fait faire un bond en avant au football africain, indique RFI.FR.

Lorsqu’Issa Hayatou prend les rênes de la CAF en 1988, celle-ci est encore loin d’être une force politique dans le football mondial. Même si la situation s’est améliorée depuis que le Brésilien Joao Havelange est devenu président de la Fédération internationale de football association (FIFA) à la place du Britannique Stanley Rous, en 1974.

Mais l’Afrique est encore loin d’être cette force politique désormais très courtisée par la FIFA et crainte par les Etats africains, note le site Internet qui ajoute que le continent n’a alors que deux représentants en phase finale de la Coupe du monde. Et, grâce, entre autre, à l’activisme d’Issa Hayatou, cette représentativité passe à trois en 1994, puis à cinq en 1998 avec le premier Mondial à 32 équipes.

Hayatou résisté aux pressions de la FIFA et de l’Europe

Homme aux accents anticolonialistes et anti-néocolonialistes, Issa Hayatou n’a eu de cesse de défendre le football africain et son indépendance. « L’avenir du football africain doit être géré par les Africains », a-t-il lancé à l’adresse du président de la FIFA et des Européens, en ouverture de la 39ème Assemblée générale de la CAF.

Pour RFI, le Camerounais n’a notamment jamais toléré les critiques sur le fait que la Coupe d’Afrique des nations ait lieu en hiver, pendant les championnats européens de clubs. Le natif de Garoua a ainsi résisté à leurs demandes que la CAN soit repoussée en juin, où le climat est loin d’être propice au football dans plusieurs régions du continent.

Hayatou a développé les compétitions africaines

Durant les sept mandats d’Issa Hayatou, la Coupe d’Afrique des nations est passée de huit à douze, puis de douze à seize équipes. La CAN (Coupe d’Afrique des nations) a depuis trouvé une formule bien rodée et efficace, qui en fait quasiment la troisième compétition d’équipes nationales de football la plus suivie internationalement après la Coupe du monde et l’Euro.

Sous la présidence du Camerounais, de nombreuses compétitions de clubs ou de sélections ont en outre vu le jour, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Il en existe désormais une dizaine dont le Championnat d’Afrique des nations (CHAN), un tournoi continental réservé aux joueurs locaux unique en son genre, explique RFI.

Hayatou a considérablement enrichi la CAF

Ces nombreuses compétitions ont évidemment enrichi la CAF, même si sa véritable poule aux œufs d’or reste la CAN.

Le 16 mars 2017, la Confédération a annoncé qu’elle disposait de 108 millions de dollars de trésorerie et de 131 millions de dollars de capitaux propres, confie le site.

En juin 2015, la CAF a par ailleurs paraphé un mémorandum d’1 milliard de dollars avec la société Sportive, devenue Lagardère Sports, contre la gestion des droits marketings et médias du football africain de 2017 à 2028. Un accord critiqué mais qui devrait garantir la bonne santé financière de la CAF pendant une décennie encore. ACP/Kayu/May

Recommended For You

About the Author: La redaction