Le crime d’être Congolais en Angola - Agence Congolaise de Presse (ACP)

Le crime d’être Congolais en Angola

C’est ce qu’on appelle être payé en monnaie de singe. La République Démocratique du Congo, terre hospitalière d’Afrique, héberge actuellement le plus gros lot de réfugiés en Afrique, soit exactement 536.271 âmes en provenance essentiellement de neuf pays voisins.

Dans ce lot, pendant longtemps, l’Angola a fourni le plus gros contingent des réfugiés résidant au Congo.

Il est un devoir de mémoire de rappeler que fuyant les persécutions de la colonisation portugaise dans leur pays, des milliers d’Angolais s’étaient réfugiés au Congo dès 1961,   au lendemain du déclenchement de la lutte armée par le MPLA et le FNLA.

Les arrivées incontrôlables des Angolais en RDC se sont accentuées à la suite de la guerre civile au lendemain de l’indépendance chaotique de leur pays en 1975.

 Issus pour leur grande majorité des ethnies présentes aussi au Congo, les réfugiés angolais se sont dilués dans la communauté du pays d’accueil et ont bénéficié des mêmes avantages que les Congolais en termes d’éducation, d’accès aux soins de santé, à l’emploi, au commerce, à l’agriculture…

Des quartiers entiers dans de nombreuses villes congolaises, notamment la commune de Ndjili à Kinshasa, ont été  investis par des réfugiés angolais qui y ont développé en toute quiétude diverses activités politiques,  économiques, culturelles ou sportives.

Beaucoup de dirigeants politiques,  leaders économiques, culturels, sportifs et nombre d’intellectuels angolais ont fait leurs classes en RDC.

On aurait pu s’attendre, en retour, que ces personnes qui ont tant bénéficié de l’hospitalité congolaise puissent se montrer sinon reconnaissants mais du moins élégants et corrects vis-à-vis du peuple congolais. Mais hélas !

Depuis leur arrivée massive  en RDC à partir de 1961 les réfugiés angolais n’ont jamais fait l’objet de la moindre maltraitance aussi bien de la part de la population congolaise que des autorités successives de ce pays.

Par contre, le fait d’être Congolais en Angola est devenu aujourd’hui un crime. Des étiquettes du genre  « Zairens » leur sont affublées pour se moquer d’eux. Les Congolais sont en plus  accusés de tous les maux pouvant survenir en Angola.

Il n’est nullement question ici de méconnaître à l’Angola son droit souverain de chasser  de son sol quiconque s’y trouve irrégulièrement.

Mais cela doit se faire  conformément aux accords bilatéraux et dans le respect des conventions internationales en la matière.

Il n’est pas acceptable que les Congolais eux  fassent l’objet d’expulsions cycliques dans des conditions inhumaines et d’une indicible brutalité d’Angola.

Aujourd’hui, colère et indignation l’emportent  en RDC où l’on ne peut comprendre cette attitude d’un pays soi-disant frère et ami mais qui agit de manière aussi hostile à l’endroit d’un voisin totalement mobilisé en vue des élections prévues pour dans deux mois. Que peuvent être les dessous des cartes de cette attitude ?

Autrement dit, pourquoi vouloir mettre le feu chez un voisin qui ne demande qu’à vivre en paix ? Les agissements hostiles des Angolais créent dans les cœurs des Congolais une amertume qui prendra du temps à cicatriser. ACP/Kayu/Kgd/May

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