Le démembrement de Walikale n’est pas à l’ordre du jour, selon Mme Elysée Munembwe

(Romain Sumbula)

 

Kinshasa, 09 juin 2016 (ACP).- La questeur de l’Assemblée nationale, Elysée Munembwe, élue du territoire de Walikale, dans la province du Nord-Kivu,  a indiqué jeudi dans une mise au point faite à l’Agence Congolaise de Presse que le démembrement dudit territoire «n’est pas à l’ordre du jour».

Elle s’exprimait sur la question, au retour de Walikale, au terme des échanges pertinents et enrichissants avec les fils et filles de cette juridiction administrative qui se sont prononcés à l’unanimité contre cette vision soutenue par un groupe d’environ dix-huit notables, originaires de cette contrée.

Par ailleurs, a souligné l’élue de Walikale, «quiconque, pour des motivations personnelles,  s’opposerait à la décision prise collectivement à travers ces réunions publiques par les enfants de cette entité territoriale, sa position n’engagera que lui-même», reconnaissant que les ressortissants de Walikale restent toujours unis quels que soient les petits différends qui peuvent exister entre eux. Les divergences d’idées sont inhérentes à tout regroupement d’hommes qui ne sont pas forcément appellés à réfléchir de la même façon, a-t-elle dit.

Mme Munembwe a lancé un appel pressant à la vigilance à ses frères et sœurs du territoire de Walikale surtout face aux manipulations politiciennes, œuvre de certains acteurs politiques malintentionnés qui n’ont comme arme que la division pour accéder à des postes déclarés juteux.

Elle a rappelé à ses pairs politiciens que le moment où l’on accédait au pouvoir par la voie des armes, est révolu, «le pays étant déjà démocratisé».

La prise de position de Mme Munembwe fait suite à certaines allégations selon lesquelles la questeur de l’Assemblée nationale serait partie mettre en exécution le plan de découpage lors de son récent séjour  à Walikale, au mois de mai, avec une délégation du gouvernement.

A l’origine de ces allégations, a relevé Mme Munembwe, les copies photocopiées de la lettre non référencée ainsi que d’un mémorandum adressé en date du 10 mai 2016, au ministre de la Décentralisation et affaires coutumières par une dizaine de signataires, connus, identifiables et localisables. Ils sont tous membres des communautés de Walikale,  défenseurs du découpage de cette entité territoriale. A cet effet, a révélé Elysée Munembwe, des réunions ont été tenues à Kinshasa, Goma et Walikale.

Au regard de cette démarche maladroite et rétrograde, la questeur de l’Assemblée nationale oppose un argumentaire juridique. En effet,  sur le plan du droit, elle rappelle que selon un principe constitutionnel, l’article 4 de la Constitution dispose que «de nouvelles provinces et entités territoriales peuvent être créées par démembrement ou par regroupement dans les conditions fixées par la Constitution», affirmant que la majorité des ressortissants de Walikale disent non à cette idée de découpage de leur territoire. Ces derniers s’estiment fiers de l’immensité, de l’unité et de la diversité culturelle de Walikale et qui sont d’ailleurs des atouts importants à son développement.

Réitérant son appel à l’unité de Walikale, Mme Munembwe a fait valoir que bien que les problèmes évoqués dans le mémorandum soient essentiels et réels, les solutions ne peuvent être trouvées qu’en interne par toutes les communautés réunies du territoire de Walikale.ACP/FNG/Kayu/JGD/Fmb

 

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