Les projets PANA pour s’adapter aux chocs climatiques en RDC - Agence Congolaise de Presse (ACP)

Les projets PANA pour s’adapter aux chocs climatiques en RDC

(Par Constance Tekitila Mafuta)

Les scientifiques congolais sont formels: « Les changements climatiques affectent exclusivement les tendances pluviométriques et les températures »,  exacerbant la vulnérabilité et la précarité des populations rurales en RDC totalement tributaires  de l’agriculture pluviale ainsi que leurs conditions de vie. La faiblesse des capacités techniques et le manque des ressources au sein des institutions agricoles  à la riposte à ce phénomène, constituent pour la RDC un véritable obstacle à l’atteinte de la sécurité alimentaire et au développement social des populations pauvres, et particulièrement des communautés rurales.

Les pays déjà pauvres en milieu rural, s’appauvrissent davantage, dès lors que les changements climatiques s’y mêlent. Aujourd’hui les pluies ne sont plus au rendez- vous. Quand on les attend ou quand elles arrivent, elles sont caractérisées d’une intensité inouïe qui entraine beaucoup de dégâts au secteur agricole, comme c’est le cas actuellement dans certaines provinces du pays où l’on déplore des pertes matérielles et en vies huùaines.

La ville province de Kinshasa en était une illustration, à la suite de pluies diluviennes qui s’étaient intensément abattues dans la première quinzaine du mois de décembre 2016. La période de sécheresse, quant à elle, signale un expert du ministère de l’Environnement et du développement durable, s’intercale à tel enseigne qu’il est devenu hasardeux de s’adonner à une activité agricole.

A titre d’illustration, les essais sur certaines variétés climatiquement résilientes du manioc, du riz et du maïs entrepris sur le terrain  dans le cadre du « Projet de renforcement des capacités d’adaptation et de gestion des impacts des changements climatiques sur la production agricole et la sécurité alimentaire en RDC »  (PANA-ASA) dans certaines provinces comme à Kinshasa, n’ont pas été concluants.

Par rapport au secteur agricole, le coordonnateur national du projet PANA-ASA, Pr Jean Ndembo Longo, a rappelé que la problématique a été déjà prise en compte, de juin 2010 à décembre 2013, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement ( PNUD),  un financement du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) pour sa mise en œuvre, en vue de contribuer à l’exécution du Programme d’action national pour l’adaptation du pays aux changements climatiques.

Présentement, ledit projet a fait place à deux autres liés au « renforcement de la résilience et de la capacité d’adaptation des femmes et des enfants aux changements climatiques (PANA-AFE) financé à hauteur de 5.125.000 USD, dont 4.725.000 USD par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM)  et 400.000 USD par le PNUD ainsi que des communautés de Moanda à l’érosion côtière (PANA- Zone côtière) en RDC ».  Concrètement,  ils visent à aider  particulièrement les femmes, les enfants des provinces ciblées et les communautés riveraines de la côte atlantique, à s’adapter aux chocs climatiques et à adopter des pratiques de subsistance résilientes.

A l’issue du projet PANA-AFE, 1 200 ménages et producteurs vulnérables, soit près de 7 200 personnes, hommes et femmes, maitriseront ces pratiques de résilience et pourront mieux gérer les risques qui y sont liés parmi lesquels la pénurie alimentaire.  Les zones d’intervention concernées sont Ngimbi (Kongo central), Kiyaka (Bandundu), Ngandajika (Kasai Oriental) et Kipoko (Katanga) où seront capitalisés et renforcés les acquis  de l’ancien Projet PANA- ASA.

 En effet, nul n’ignore la maitrise des femmes dans la gestion des ressources en eau, des forêts et de la biodiversité.  Bien qu’elles soient vulnérables, elles sont mieux placées et jouent un rôle clé  dans la famille et la communauté pour s’adapter à l’évolution du climat et à l’atténuation de ses effets. Ces trois initiatives, ainsi matérialisées, viennent pallier dans le pays les incertitudes croissantes que les changements climatiques suscitent, combinés à la faible capacité à gérer les risques climatiques et à l’insuffisance des mécanismes d’adaptation disponibles.

Selon le PNUD, les projets PANA-AFE, PANA- ASA et PANA- Zone côtière   montrent que la bataille contre la pauvreté et la  lutte contre les changements climatiques sont des combats interdépendants, soulignant qu’ils doivent se renforcer mutuellement et que les  efforts de tous doivent sans attendre, porter sur les trois fronts simultanément.

 Considérés comme preuves des études scientifiques menées auparavant dans tous les sites d’exécution, ces projets constituent le point de mire de la  communication nationale  pour lutter contre les changements climatiques (iNDC), présentée par  la RDC à Paris,  en vue de l’adoption d’un accord juste et contraignant sur le climat à la 21ème session de la  Conférence des parties sur les changements climatiques.

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