Les stratégies de la RDC pour éradiquer le poliovirus dérivé de la souche vaccinale - Agence Congolaise de Presse (ACP)

Les stratégies de la RDC pour éradiquer le poliovirus dérivé de la souche vaccinale

Kinshasa, 09 novembre 2018 (ACP).- La République Démocratique du Congo (RDC) qui fait face depuis le début de 2017 à une épidémie de poliomyélite causée par le poliovirus circulant dérivé du vaccin  de type 02 recourt à trois stratégies pour interrompre la chaine de circulation de ce virus.

Selon le Dr Guillaume Ngoie Mwamba, directeur du programme élargi de vaccination (PEV) de la RDC qui s’est confié récemment à l’ACP, ces trois stratégies sont les campagnes de vaccination de masse, la vaccination de routine qui est le soubassement et la surveillance épidémiologique. Depuis 2017, la RDC a notifié 37 cas de poliovirus dérivé de la souche vaccinale dont la date de paralysie du dernier cas remonte au 05 août 2018 dans la zone de santé de Bumba dans la province de la Mongala au Nord du pays.

Il est à noter que la RDC n’a plus connu de cas de poliomyélite causée par poliovirus sauvage depuis décembre 2011. En novembre 2015, la RDC a été déclarée pays libre de circulation de poliovirus sauvage. Mais actuellement, ce pays est en pleine riposte à l’épidémie de poliovirus dérivé de la souche vaccinale.

Concernant la première stratégie, la RDC a organisé depuis 2017 des campagnes de vaccination contre le poliovirus dérivé de la souche vaccinale. Une campagne de vaccination des enfants de moins de 5 ans dite de riposte en deux phases a été organisée en décembre 2017 dans les zones de santé à risque situées dans les provinces du Haut-Lomami, du Lualaba et du Tanganyika à l’Est et au Sud-est du pays. Compte tenu du risque élevé de transmission international et de la situation des pays partageant les frontières avec la RDC, la décision d’organiser une riposte de grande envergure dans 16 provinces sur les 26 que compte le pays a été prise.

Cette campagne de vaccination de riposte d’envergure dite round 1 a été répartie en deux phases ayant chacune deux passages. La première phase qui a concerné 9 provinces a connu le 1er passage du 30 aout au 01er septembre 2018 et le 02e passage du 13 au 15 septembre 2018. Les 09 provinces concernées sont le Bas-Uélé, le Nord-Ubangi, le Sud-Ubangi, la Mongala et la Tshopo au Nord du pays ainsi que le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri à l’Est du pays. La deuxième phase dans 7 provinces a connu le 1er passage du 27 au 29 septembre 2018 et le 2ème passage du 11 au 13 octobre 2018.

Les provinces concernées sont le Haut-Katanga, le Haut-Lomami et le Lualaba au Sud-est du pays, le Lomami et le Kasaï Oriental au centre du pays ainsi que le Maniema et le Tanganyika à l’Est du pays. Le 26 juillet 2018 à Kinshasa, il y a eu adhésion et engagement des gouverneurs de 16 provinces en faveur de l’arrêt de la circulation du poliovirus dérivé de la souche vaccinale par la signature de la déclaration de Kinshasa.

Le Comité des Operations d’ Urgence pour la Polio (COUP)  soutenu par les partenaires du ministère de la Santé avait pris des dispositions qui ont conduit à la mise en œuvre des activités de vaccination supplémentaires (AVS) dans les 16 provinces, ciblant 12.217.725 (douze millions deux cent dix-sept mille sept cent vingt-cinq) enfants de moins de 5 ans.

La nécessité de renforcer la vaccination de routine qui est le soubassement

En ce qui concerne la deuxième stratégie qui est la vaccination de routine, le Directeur du Programme Elargi (PEV) de la RDC a indiqué qu’à ce jour, il n’y a que 45% d’enfants qui sont complètement vaccinés dans ce pays, c.à.d. les enfants qui ont respecté le calendrier vaccinal et qui ont reçu tous les 11 vaccins prévus dans ce calendrier. «Il y a donc 55% d’enfants, soit 2 millions d’enfants non vaccinés complètement, parce qu’en RDC nous avons une cible de 4 millions d’enfants de moins d’une année attendus pour la vaccination de routine», a-t-il précisé. Si on arrive à vacciner tous ces enfants lors de la vaccination de routine, on va en finir avec le poliovirus dérivé de la souche vaccinale, a-t-il soutenu.

Le Dr Guillaume Ngoie Mwamba a tenu à expliquer que le poliovirus dérivé de la souche vaccinale ne signifie pas que le vaccin donne la maladie, mais il est administré pour protéger. Quand le vaccin polio oral est administré, il entre dans le tube digestif, puis il est éliminé à travers les matières fécales. Lorsque les matières fécales sont éliminées dans la nature et qu’à côté il y a des enfants qui ne sont pas vaccinés, ces matières qui contiennent le virus issu du vaccin ont un autre comportement chez ces enfants non vaccinés.

Cela fait que ces enfants non vaccinés deviennent paralysés, a indiqué le Dr Ngoie. Le plus grand défi est qu’on puisse vacciner chaque enfant là où il se trouve. C’est seulement à cette condition là qu’on peut arriver à interrompre la circulation du poliovirus dérivé de la souche vaccinale, a-t-il soutenu.

La 3ème stratégie, c’est la surveillance épidémiologique. Le Directeur du PEV de la RDC a affirmé que c’est la communauté qui a cette responsabilité de surveillance en recherchant parcelle par parcelle, ménage par ménage des enfants paralysés et en notifiant ces cas auprès des structures sanitaires pour qu’on sache à quel niveau cette maladie se trouve.

(Par Nissy Makolo Mayinga)

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