Le nouveau président zimbabwéen Mnangagwa succède à Mugabe - Agence Congolaise de Presse (ACP)

Le nouveau président zimbabwéen Mnangagwa succède à Mugabe

Kinshasa, 24 nov. 2017 (ACP).- Le nouveau président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a officiellement succédé vendredi à Robert Mugabe, 93 ans, qui a démissionné mardi après trente-sept ans de règne  à la tête de son  pays, ont rapporté les médias internationaux.

“Moi, Emmerson Dambudzo Mnangagwa, jure qu’en tant que président de la République du Zimbabwe je serai loyal à la République du Zimbabwe et obéirai, soutiendrai et défendrai la Constitution et les lois du Zimbabwe,” a-t-il prêté serment devant plusieurs dizaines de milliers de personnes à Harare. A 75 ans, M. Mnangagwa prend les rênes d’un pays ruiné, trois jours après la démission historique du plus vieux dirigeant en exercice de la planète, 93 ans.

Dès l’aube, les habitants de la capitale se sont bousculés aux portes du National Sports Stadium pour acclamer leur nouveau chef de l’Etat. « Nous sommes très enthousiastes et nous attendons beaucoup de Mnangagwa », a confié une étudiante, Sharon Mauyakufa, 23 ans. Robert Mugabe a été poussé vers la sortie par un coup de force de l’armée, qui a pris le contrôle du pays dans la nuit du 14 au 15 novembre après le limogeage de M. Mnangagwa.

Cacique du régime depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, celui qu’on surnomme le « Crocodile » a été remercié sur ordre de la Première dame Grace Mugabe, qui lui disputait la succession de son mari, à la santé de plus en plus fragile. Après avoir résisté plusieurs jours aux pressions des militaires, de son parti, la Zanu-PF, et de la rue, le « camarade Bob » a fini par capituler mardi en présentant sa démission, sous la menace d’une procédure de destitution devant le Parlement.

A la veille de son entrée en fonction, M. Mnangagwa s’est entretenu jeudi avec son prédécesseur, à  qui il a promis, ainsi qu’à sa famille, les conditions de sécurité et de bien-être maximales, a rapporté le quotidien gouvernemental The Herald.

‘Tourner la page’

Trois jours après la chute du régime, le sort, notamment judiciaire, réservé au couple présidentiel restait mystérieux. « Je ne sais pas ce qui a été négocié mais je peux vous dire qu’aucun Zimbabwéen ne souhaite que Mugabe soit poursuivi en justice ou pendu ou lynché », a déclaré un de ses ministres, Supa Mandiwanzira. « Les gens veulent tourner la page », a –t-il ajouté.

Le porte-parole de l’ex-président, George Charamba, a pour sa part catégoriquement démenti que l’immunité lui avait été accordée, ainsi que l’ont rapporté plusieurs médias. « Il n’y a aucune raison de lui accorder l’immunité, il n’en a jamais été question pendant les discussions », a-t-il assuré. De retour mercredi du bref exil sud-africain qui a suivi son limogeage, Emmerson Mnangagwa a affirmé qu’il ferait du redressement de l’économie sa priorité absolue.

« Nous voulons des emplois », a-t-il promis. Robert Mugabe a laissé derrière lui une économie ruinée par des réformes dévastatrices. L’activité y tourne au ralenti, l’argent manque et le spectre de l’hyperinflation rôde. Avec un taux de chômage estimé à 90%, les Zimbabwéens vivent de petits boulots dans l’économie informelle.

Par ailleurs, le profil et la personnalité du nouveau maître du Zimbabwe suscitent pourtant quelques inquiétudes. Fidèle parmi les fidèles du régime, Emmerson Mnangagwa, proche de la hiérarchie sécuritaire, plusieurs fois ministre, traîne derrière lui une réputation d’exécuteur des basses œuvres répressives de l’ex-président Mugabe. Soucieux de rassurer, M. Mnangagwa s’est présenté en serviteur du pays et a déjà appelé à plusieurs reprises « tous les patriotes zimbabwéens à travailler ensemble ».

D’autre part, le principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), plaide pour un gouvernement d’union nationale jusqu’aux élections prévues en 2018. « J’espère que le président Mnangagwa va démontrer que la nation a changé de direction », a déclaré jeudi le chef du MDC Morgan Tsvangirai. « J’espère qu’il évitera de tomber dans la tentation de garder seul le pouvoir », a-t-il prévenu. ACP/Fng/Yhm/Mat/May

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