RDC : affaire de la vidéo de Mwanza-Lomba, sept suspects aux arrêts

Kinshasa 19 mars 2017 (ACP).- L’auditeur général des Forces armées de la RDC (FARDC), le général major Joseph Ponde, a annoncé, au cours d’une conférence de presse vendredi à Kinshasa, l’arrestation de sept suspects, tous éléments des FARDC actuellement en détention,  en rapport avec la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux faisant état des tueries par des militaires en tenue des personnes se réclamant de la milice « Kamwina Nsapu » à Mwanza-Lomba.

Ces sept présumés auteurs de ces massacres sont poursuivis pour crimes de guerre par meurtre, crimes de guerre par mutilation, crime de guerre par traitements cruels inhumains et dégradants, refus de dénonciation d’une infraction commise par des justiciables de juridictions militaires, a-t-il indiqué.

Pour compléter ces premières investigations, l’auditorat  général se propose de requérir l’expertise exigée pour  l’exploitation de données sur les téléphones cellulaires saisis,  ainsi que l’exhumation de deux tombes localisées dans la  périphérie de Mwanza-Lomba, afin d’identifier les différentes  victimes, ainsi que le mode opératoire de leurs bourreaux, a dit le général major Ponde ajoutant qu’une demande d’appui dans ce sens avait d’ailleurs été  adressée aux Cellules d’appui aux poursuites (CAP) de la  MONUSCO en date du 25 Février 2017.

L’auditeur général a rappelé qu’à la suite de la diffusion de cette vidéo sur les réseaux sociaux, il a ordonné l’ouverture d’une enquête judicaire sur les allégations faisant état des massacres et dépêché sur le terrain, en date du 18 février 2017, une équipe de deux hauts magistrats  de l’auditorat général pour faire toute la lumière sur les faits incriminés.

Leurs investigations les ont conduits respectivement à  Kananga (Kasai Central), à Mbuji-Mayi et à Mwanza- Lomba (Kasaï Oriental).  A l’étape de Kananga, le général PONDE a souligné que des contacts pris avec les officiels et  la Société civile ont permis à  la délégation de s’imprégner de la genèse  et de l’évolution des incidents liés au phénomène Kamwina-  Nsapu. La délégation a constaté que plusieurs dossiers avaient déjà  été ouverts à l’Auditorat Militaire de Kananga et que certains  étaient même déjà envoyés devant les juges mais que,  malheureusement,  les audiences y relatives étaient perturbées par les harcèlements des insurgés qui se sont même attaqués aux installations de la Justice Militaire en vue de détruire les dossiers en instruction.

La même approche a été utilisée à Mbuji-Mayi. Mais ici, la délégation a en outre eu l’occasion d’interroger les suspects  dont quelques-uns étaient déjà aux arrêts à la prison  centrale de Mbuji-Mayi. Forte des renseignements récoltés  lors de ces interrogatoires, la délégation s’est par la suite rendue à Mwanza-Lomba, précisément au village Bena  Tshikasu où avaient eu lieu des accrochages entre miliciens  Kamwina-Nsapu et éléments FARDC. C’est dans ce dernier  village en effet que la vidéo querellée avait été tournée.

Le général Ponde a précisé que les évènements de Mwanza-  Lomba sont survenus dans un contexte d’une guerre asymétrique  imposée aux forces de l’ordre par les miliciens  de Kamwina-Nsapu. La mission judiciaire partie de Kinshasa  a constaté que les hors-la-loi se sont illustrés par des actes d’une cruauté inimaginable ayant de manière systématique ciblé les symboles de l’Etat, les agents de l’Etat (Policiers,  Militaires, Agents de Renseignements), voire même des biens meubles et immeubles des communautés religieuses.  Les pièces à conviction saisis à cet effet l’attestent  suffisamment.

Des armes qui en disent long

 Pour ce qui est des armes saisies entre les mains des insurgés, l’Auditorat Militaire Supérieur du Kasai-Central  renseigne au total:

– 03 AKA 47 ;

– 01 UZI ;

– 01 GP 9mm ;

– 06 Bombes cas~

– Une quantité importante d’armes blanche.

Au Kasaï Central, il est fait état de 14 Fusils calibre 12 et  01 fusil AKA 47 récupérés des mains des insurgés  auxquelles il faut ajouter une quantité importante d’armes blanches. Ceci ne constitue que le rapport préliminaire de la mission dépêchée aux Kasaï Central et oriental et qu’il va de soi que les enquêtes se poursuivront jusqu’à ce que soit faite toute la lumière sur cette affaire, a conclu le général PONDE.

Les sept suspects aux arrêts sont : Major Nyembo, Commandant en 2rld du Bataillon PM, mais  pour la circonstance, Commandant des Opérations; Major Bitshunda Martin Pithou, Commandant en Second  des Opérations, du Capitaine Séraphin Pailimbio, Commandant 2ème Compagnie Bataillon PM, Chef de la 1ère Section pendant les Opérations, du Lieutenant Sila Vuvu Dodokolo, S4 Bataillon PM et fusilier pendant les opérations;

de l’AC (adjudant chef) Mohindo, bien que n’ayant pas fait partie de  l’expédition, a pourtant été surpris en possession d’une copie de la vidéo lui transmise par le SM Maneno, A2CI (adjudant 2ème classe) Amani, fusilier de la 1ère Section;  SM (sergent major) Mameno Katembo alias Tonton Baobab, fusilier également de la 1ère Section et auteur de l’enregistrement  vidéo. ACP/Kayu/KGD  

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