La situation sécuritaire en RDC au centre d’une communication du Chef de l’Etat aux députés de la MP – Agence Congolaise de Presse (ACP)

La situation sécuritaire en RDC au centre d’une communication du Chef de l’Etat aux députés de la MP

Kinshasa, 16 avril 2018 (ACP)- Le Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange a entretenu lundi, à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, les députés de la MP (Majorité présidentielle) et une dizaine de communicateurs de cette plate-forme politique des questions essentielles relatives à la situation sécuritaire actuelle sur l’ensemble du territoire national et à l’actualité politique en République Démocratique du Congo (RDC).

Pour le Président Joseph Kabila, il aurait plutôt voulu parler aux députés de la Majorité, en cette période, de projets de développement, de la reconstruction du pays ou de l’agriculture. Mais vu la situation de l’heure, il s’est résolu à s’attarder sur une seule question, à savoir celle relative à la situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire national, plus particulièrement dans sa partie orientale.

La situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire national est relativement calme, a dit le Chef de l’Etat. Car sur les 26 provinces que compte le pays, seules 4 ou 5 connaissent des cas d’insécurité. Il a cité, à cet effet, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Kasai et l’Ituri.

La RDC, a poursuivi le Chef de l’Etat, est un pays post conflit, après une quinzaine d’années de guerres d’agression venues  de certains pays voisins. Malgré cela, il y’a une évolution très positive en ce qui concerne la situation sécuritaire en RDC depuis une vingtaine d’années, a souligné le Chef de l’Etat.

Parlant de la sécurité à l’Ouest du pays, citant la ville province de Kinshasa, le Congo Central, l’Equateur et l’ex-Bandundu, le Chef de l’Etat a fait savoir qu’il n’y a pas de problèmes majeurs, à l’exception de quelques poches de banditisme qu’on retrouve dans toutes les grandes villes du monde comme Johannesburg, Chicago et New York. En RDC, a dit le Chef de l’Etat, ce problème est lié à la libération des criminels, à l’amnistie et aux évasions de prisons des bandits et autres criminels de grands chemins.

Parlant du centre du pays, notamment au Kasai central, au Kasai oriental et au Sankuru, le Président de la République a rappelé que ces parties du territoire national étaient secouées par le phénomène Kamwina Nsapu, ajoutant que la situation a été instrumentalisée par tous ceux-là qui voulaient voir la RDC sombrer dans le chaos. Aujourd’hui, la situation est maitrisée, car il n’y a plus de guerres, de tueries, de cas de viol  etc. La justice va continuer à faire son travail afin que les coupables répondent de leurs actes, a-t-il déclaré.

Les députés appelés à poursuivre l’œuvre de la sensibilisation

Le Président Joseph Kabila a lancé, par ailleurs, un appel aux députés nationaux, surtout ceux venus de l’intérieur du pays, à poursuivre l’œuvre de la sensibilisation, après la conférence sur la paix tenue à Kananga, quand bien même, parallèlement, l’armée et la police vont également poursuivre leur mission de pacification.

Le Chef de l’Etat a également parlé de la situation sécuritaire à Kabambare,  à Fizi, à Baraka, au Tanganyika, en Ituri et au Parc de Garamba. S’agissant de la situation au territoire de Kabambare, au Maniema, le Chef de l’Etat a évoqué la naissance des groupes armés, des « illuminés », qui ont surgi pour des objectifs non élucidés, croyant que l’Etat n’existait pas en RDC. Du côté de Fizi et Baraka, il a parlé de la réapparition d’un certain Yakutumba, un « récalcitrant de longue date », qui devait intégrer l’armée en 2003. Aujourd’hui, a dit le Chef de l’Etat, il est en cavale et recherché par les services de sécurité. Environ 450 de ses combattants ont été faits prisonniers, ce qui a permis le retour à la normale de la circulation sur les routes et sur le lac au Sud-Kivu, a-t-il dit.

Au Tanganyika, il reste encore beaucoup de déplacés à la suite du conflit entre Pygmées et Bantous, a dit le Chef de l’Etat. Pour le Président Joseph Kabila, la politique du gouvernement face à cette situation est « celle du bâton et de la carotte », car l’Etat a l’obligation de sécuriser les personnes et leurs biens. Etant donné que l’armée et la police ne peuvent pas tout faire, les députés et les administrateurs de territoire ont également un grand rôle à jouer dans cette situation, a-t-il souligné.

En ce qui concerne la situation en Ituri, Joseph Kabila s’est félicité et a remercié les députés qui s’y sont rendus en campagne de pacification, soutenant qu’il y’a évolution de la situation avec le retour de quelque 60 mille déplacés qui s’étaient réfugiés en Ouganda.

Le Chef de l’Etat a également évoqué, avec étonnement, la situation au Nord-Kivu avec les groupes armés comme les ADF, les Nyatura, les FDLR et autres Mai Mai. « Au Nord-Kivu, la situation est compliquée à la suite des discours des politiciens », a-t-il dit. Pour le Président Joseph Kabila, l’Etat ne doit pas accepter cette division car il n’existe qu’une seule RDC. « Personne ne peut donc se constituer en groupe armé pour prétendre défendre sa communauté », a-t-il souligné.

Aussi le Chef de l’Etat a-t-il demandé au président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, « en conseil de sage», de constituer une délégation des députés nationaux, toutes provinces confondues, afin qu’ils se rendent aux commandements des FARDC au front au Nord-Kivu, en vue de s’imprégner de la situation réelle des militaires en opération et parler avec eux. Car, a-t-il dit, rester à Kinshasa, en costume et cravate, et porter des jugements sur ce qui se passe sur le terrain n’est pas « honnête ».

Questions d’actualité

Parmi les questions d’actualité, le Président Joseph Kabila a parlé du processus électoral en cours en RDC, du refus de la RDC de participer à la conférence humanitaire de Genève sur la RDC, des experts indépendants proposés par l’ONU et de la double nationalité.

Pour le Président Joseph Kabila, le processus électoral en RDC est sur les rails. A ce propos, il a demandé aux députés de la majorité de ne pas avoir peur, car c’est la peur qui pousse souvent à prendre des décisions irréfléchies, ajoutant que pour des raisons de souveraineté, il a été levé l’option de financer «  nous-mêmes » les élections. « Nous avons de l’argent pour organiser nos élections », a-t-il rassuré, ajoutant que « tous les pays qui nous entourent l’ont fait et pourquoi pas la RDC ». Toutes les propositions d’aides faites à la RDC ne sont que « des pièges », a dit le Chef de l’Etat.

S’agissant  du refus de participation de la RDC à la conférence humanitaire de Genève sur la RDC, le Chef de l’Etat a fait savoir que le gouvernement congolais n’a pas été consulté sur son ordre du jour ni sur la date. Il a ajouté que la RDC n’est pas non plus d’accord de voir les ONG récolter de l’argent depuis 20 ans et que sur le terrain il n’y ait rien de palpable. « La politique de la RDC en cette matière est celle de la réinsertion et déjà on a mobilisé quelque 10 millions de dollars américains », a affirmé le Chef de l’Etat.

En ce qui concerne les experts indépendants proposés par la communauté internationale, le Chef de l’Etat a dit que cette proposition a tout simplement été rejetée, car la CENI est indépendante vis-à-vis de tous et même de la communauté internationale. Quant au problème de la double nationalité, le Président Joseph Kabila s’est dit respectueux de la Constitution, qui est claire là-dessus. « Pour tous ceux qui pensent qu’il faut introduire la double nationalité en RDC, ils n’ont qu’à changer la Constitution », a déclaré le Chef de l’Etat. ACP/YHM/Kgd/Nig

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