Engagement des jeunes maliens pour la réconciliation après le massacre d’un village peul

Kinshasa, 14 avril 2019 (ACP).- Des jeunes maliens de deux communautés victime du massacre de quelque 160 habitants d’un village peul au centre du Mali se sont engagés samedi à la “réconciliation et la paix”, lors d’une conférence de presse conjointe à Bamako, a-t-on appris  dimanche, des médias étrangers. Depuis l’apparition, il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé des groupes d’autodéfense, ont fait savoir les mêmes sources.

L’attaque du village peul d’Ogossagou le 23 mars a été imputée à des chasseurs dogons et le gouvernement a prononcé le 24 mars la dissolution de l’association de chasseurs “Dan Nan Ambassagou”, qui a démenti toute implication dans la tuerie. “Nous lançons un appel au calme, à la réconciliation. Nous sommes tous Maliens. Nous avons organisé cette conférence de presse pour expliquer que les jeunes des deux communautés sont décidés à aller sur le terrain pour prôner la paix”, a déclaré Boukari Guindo, membre de la section jeune de l’association Ginna Dogon, qui promeut la culture dogon, lors de la conférence de presse.

“Les récents événements malheureux survenus interpellent chacun de nous et nous poussent à transcender nos égos”, a ajouté Dramane Yalcouyé, un responsable de Ginna Dogon. “Quant aux deux bureaux de la jeunesse, nous nous engageons désormais à mettre un cadre franc d‘échanges de dialogue et d’activités pour qu’ensemble, nous puissions apporter notre humble apport à la construction de l‘édifice commun”, a déclaré Michael Barry, membre de la jeunesse de Tabital Pulaaku, influente association de Peuls du Mali.

La tuerie d’Ogassogou est l’attaque la plus meurtrière au Mali depuis la fin des principaux combats de l’opération lancée en 2013, à l’initiative de la France, pour chasser les groupes jihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays. ACP/Fng/Fmb/NIg

Partagez cet article