Les nouveaux dirigeants soudanais sous pression pour céder rapidement le pouvoir au civil

Kinshasa, 14 avril 2019 (ACP).- Le nouveau patron du conseil militaire de transition, qui a annoncé samedi la démission du chef du puissant service de renseignement soudanais NISS, est sous la pression du mouvement de contestation pour passer au plus vite la main à un pouvoir civil, a-t-on appris dimanche des médias étrangers. Deux jours après la destitution par l’armée du président Omar el-Béchir, qui a dirigé le Soudan d’une main de fer durant trois décennies, la situation continue d‘évoluer à grande vitesse.

Le Conseil militaire, chargé de la transition, a remplacé vendredi son propre chef. Cette décision a été accueillie dans la joie par les milliers de Soudanais présents devant le quartier général de l’armée à Khartoum, qui ont toutefois décidé de rester mobilisés. Samedi, au sein de l’appareil d’État, c’est le redouté service de renseignement NISS qui a connu un bouleversement: Le chef du conseil militaire de transition, Abdel Fattah al-Burhane, a accepté la démission de Salah Gosh, patron du NISS, a indiqué le Conseil dans un communiqué.

M.Gosh, qui avait repris la main sur le NISS en 2018 après une première décennie à la tête du Renseignement jusqu’en 2009, avait supervisé ces quatre derniers mois la répression contre le mouvement de contestation. Cette répression a donné lieu à l’arrestation de milliers de manifestants, responsables de l’opposition et journalistes. Jeudi, peu après l’annonce de la destitution d’Omar el-Béchir, le NISS avait annoncé la libération de tous les prisonniers politiques du pays.

Et plusieurs dizaines de personnes sont mortes depuis le début du mouvement de contestation en décembre. Vendredi, les milliers de Soudanais toujours rassemblés devant le QG de l’armée ont manifesté leur joie à l’annonce de l‘éviction d’Awad Ibn Ouf, un proche de M. Béchir, à la tête du Conseil militaire au pouvoir depuis à peine ving-quatre heures.

“Le rôle du Conseil militaire est de protéger la sécurité et la stabilité du pays”, a argué le général Omar Zinelabidine, membre du Conseil militaire, devant des diplomates arabes et africains. “Ce n’est pas un coup d’État militaire, mais une prise de position en faveur du peuple”, a-t-il assuré. “Nous ouvrirons un dialogue avec les partis politiques pour examiner comment gérer le Soudan. Il y aura un gouvernement civil et nous n’interviendrons pas dans sa composition”, a-t-il encore promis.

Par ailleurs, le Conseil militaire a affirmé que Omar el-Béchir se trouvait en détention mais qu’il ne serait pas “livré à l‘étranger”, alors qu’il est sous le coup de mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI). Les organisateurs de la contestation ont rapidement exhorté les militaires à “transférer le pouvoir à un gouvernement civil de transition”, faute de quoi la mobilisation se poursuivrait dans tout le pays. ACP/Fng/Fmb/NIg

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