Les risques de métier de casseuse de pierres évoqués par une activiste des droits de la femme

Kinshasa, 25 mars 2019 (ACP).- Me Elodie Lombo, avocate et activiste des droits de la femme, a relevé lundi lors d’un entretien avec l’ACP, les risques que courent les femmes casseuses de pierres destinées à la construction des bâtiments, sur leur santé.

Elle a indiqué que la casse de pierres est un travail difficile et risqué pour la santé de la femme, dont le gouvernement doit prendre des mesures d’encadrement, afin de mettre à l’abri de tout danger les femmes qui exercent ce métier.

«Ces femmes qui sont éparpillées dans les différentes carrières et dans les grands chantiers sont souvent accompagnées de leurs enfants, malgré les risques des maladies pulmonaires causées par la montée de la poussière», a déploré Mme Lombo, reconnaissant néanmoins, qu’en dépit d’ennuis de santé dus à cet exercice, ce travail apporte une petite autonomie financière aux pratiquants en attendant des jours meilleurs.

Me Elodie Lombo  a fait savoir que le plus grand nombre de ces femmes se retrouve à la carrière de Kinsuka, où de fois sous un soleil accablant,  elles travaillent assises à même le sol, un foulard négligemment noué sur la tête, et abritées sous des parasoleils de fortune faits de pagnes usés.

Frapper le marteau sur la pierre, un risque permanent

Toujours concentrées sur leur dur labeur, ces femmes ont comme seul mouvement de frapper un marteau lourd sur une grosse pierre qui doit être émiettée sans se rendre compte du temps qui passe. Ce mouvement, sans répit du matin au soir, faiblit le bras et tout le corps.

Les nouvelles venues qui découvrent le métier sont encadrées par des plus anciennes avec tous les risques qu’elles encourent, notamment des blessures à répétitions qui peuvent entraîner des traumatismes musculaires ou squelettiques, des hernies, de l’arthrite, des rhumatismes et autres courbatures chroniques.

En comparaison avec ces risques, les bénéfices à court terme semblent dérisoires, a regretté l’avocate qui estime que le volume de travail est très élevé par rapport à leurs revenus. «Ce qu’elles gagnent chaque jour, environ 80.000 à 100.000 FC quand la marchandise est écoulée, passe d’abord à la survie des enfants. Cependant, faire des économies est une illusion, pendant la mévente, elles se contentent de 15.000 à 20.000 FC », a-t-elle attesté.

Par ailleurs, les casseuses des pierres désapprouvent l’entrée en scène des Chinois qui contrôlent de nombreuses carrières où les ventes se font en gros et en détail, cassant leur marché.ACP/Kayu/DNM/KJI/JFM

Partagez cet article