Liberté de la presse : ACP, le temple de la presse congolaise profané

Kinshasa, 1er mai 2019 (ACP).- La RDC commémore le vendredi 03 mai, comme tous les pays du monde, la journée internationale  de la liberté de la presse placée cette année sous le thème national  « Médias comme 4ème pouvoir en République Démocratique du Congo : quel type de journalisme ? ».

A cet effet, il est prévu notamment la tenue le 02 mai 2019 à Béatrice Hôtel de Kinshasa d’un forum d’échange et d’information, animé par un panel d’experts du ministère de la Communication et des médias, des organisations non gouvernementales et de professeurs d’universités spécialistes des questions de droit et des médias autour de ce thème.

De son côté, l’UNESCO a prévu de lancer, du 26 avril au 3 mai 2019, une campagne sur les réseaux sociaux dénommée «Défends le journalisme». Cette campagne vise à sensibiliser les acteurs médiatiques au potentiel des médias comme plateforme publique de l’exercice des libertés démocratiques, d’une part, et l’opinion publique à la question du rôle et de l’impact des médias dans la société, d’autre part.

En outre, la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse cette année à Kinshasa sera, une fois de plus, mise à profit par le Bureau de l’UNESCO, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation  en RDC (MONUSCO) et le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) en collaboration avec l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) et l’ONG Journalistes en danger (JED) pour  organiser une série d’activités tout au long du mois de mai 2019.

L’objectif de toutes ces activités auxquelles l’Agence congolaise de presse (ACP – maison mère de la presse congolaise) a toujours pris une part très active, est de promouvoir une presse réellement libre et exempte de toute forme de menace.

Cependant, force est de relever que la célébration de cette importante journée surprend cette année 2019 l’ACP sous une menace inattendue, à savoir : l’accélération d’un processus visant à terme la spoliation de sa concession abritant son siège social.

Ce processus déclenché depuis longtemps et qui a pris diverses formes, s’est subitement accéléré avec le jugement rendu en date du 25 mars 2019 par le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe (TGI/Gombe) ordonnant non  seulement l’annulation du certificat d’enregistrement obtenu en bonne et due forme par l’ACP mais également la cession d’une partie de la concession de l’ACP à un individu  prétendant en détenir le droit de propriété.

Cette menace qui pèse sur l’ACP, considérée depuis toujours à juste titre comme la  cathédrale de la presse congolaise, représente également un danger pour l’ensemble de la profession journalistique en RDC.

La célébration de la journée internationale de la liberté de la presse constitue l’occasion à ne pas manquer pour l’ensemble de la profession de dénoncer ces agissements d’une autre époque et de demander aux autorités nationales, amplement informées sur cette situation, de sécuriser définitivement ce service stratégique de l’Etat qu’est l’ACP.

Déjà sur place à l’ACP, personnel et syndicats sont sur le pied de guerre. N’eut été les appels au calme et à la retenue de la direction générale qui préfère faire confiance à la sagesse et à l’esprit patriotique de nouvelles autorités nationales afin de protéger et sécuriser ce patrimoine national, marches de protestation et autres manifestations non violentes auraient ponctué le quotidien de l’ACP au sujet de cette énième tentative de spoliation.

C’est le lieu ici de rappeler que la concession aujourd’hui convoitée par les spoliateurs avait été acquise par l’ACP en 1973 grâce au Président Mobutu Sese Seko qui était désireux de voir l’Agence se doter des infrastructures et des équipements conséquents pour l’accomplissement de sa mission.

Plus de 1.150.000 zaïres avaient été déboursés à l’époque pour l’acquisition de cette concession. Le siège actuel de l’Agence nationale de presse (bâtiment administratif et parking) avait été inauguré le 23 novembre 1974 par le Président Mobutu Sese Seko en personne. ACP/Kayu/May

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