Une thèse de doctorat sur « la gentrification politique » en Afrique centrale francophone Cas de la RDC

Kinshasa, 04 mai 2019(ACP).-Le chef de travaux Jacques Ebweme Yonzaba a été proclamé, vendredi, docteur en sociologie à l’Université de Kinshasa(UNIKIN) avec la mention « grande distinction », à l’issue de la soutenance publique de la thèse intitulée « Gentrification politique en Afrique centrale francophone, cas de la République Démocratique du Congo (RDC)».

Le récipiendaire a démontré dans cette étude doctorale la nécessité de repenser la forme de l’Etat et le modèle de la gouvernance hérités de la colonisation.

L’Etat colonial qui est devenu par la force des choses l’Etat indépendant du Congo, a-t-il dit, s’est transformé par la suite en Républiques des « gentrifiés » ou en un Etat des « gentrifiés ».

Cet Etat a connu trois phases, à savoir : l’Etat colonial (1908-1960), l’Etat du Congo indépendant (le 30 juin 1960-le 14 septembre 1960) et la République des « gentrifiés » ou l’Etat importé le 14 septembre 1960 jusqu’à ces jours). Cet Etat est caractérisé par une mauvaise gouvernance où les conditions de vie des populations vont s’empirant chaque jour qui passe.

Pour quitter ce modèle de gouvernance et la forme de l’Etat hérités de la colonisation, il a proposé dans cette étude, la reconstruction de la RDC en quatre phases.

La première phase est «la réinvention de l’Etat congolais» en mettant l’accent sur la construction d’un nouveau type d’Etat basé sur le changement de mentalité et la lutte acharnée contre les antivaleurs et autres vices.

La deuxième phase appelée «l’Etat contre les injustices», doit se baser sur la répartition équitable et équilibrée des ressources nationales dans les secteurs politique, administratif, économique, financier, social, de la coopération et des relations avec l’extérieur, de l’environnement et ressources naturelles et de la défense et sécurité.

La troisième phase qui est «l’Etat responsable», doit se baser sur le respect de l’autorité de l’Etat et des droits de l’homme, tandis que la quatrième phase, « Etat souverain», doit être bâti et soutenu par sept colonnes représentant le fondement de la nation. Il est basé sur l’affirmation de la grandeur, de l’influence et de la puissance de l’Etat.

La défense du territoire national et la solidarité nationale parmi les piliers d’un Etat souverain

Selon, Jacques Ebweme Yonzaba, les colonnes ou les piliers qui doivent soutenir un Etat souverain proposées dans cette recherche doctorale, sont l’éducation au patriotisme, la défense du territoire national et la solidarité nationale.

Il a également relevé dans ces colonnes la recherche scientifique et technologique, moteur du développement national, la création des richesses et la construction des infrastructures, la coopération sous régionale et internationale, le respect des libertés individuelles, collectives et des pactes républicains.

Le dialogue, la préservation de la concorde et de la cohésion nationale, la réconciliation permanente ainsi que l’implication de tous les secteurs de la vie nationale dans la formulation des politiques nationale et étrangère de la RDC, sont aussi autant de piliers soulevés dans cette thèse.

Le récipiendaire a ouvert différentes perspectives dans son étude, notamment, la continuité de cette recherche, la mise sur pied d’un modèle standardisé de conception et de présentation des travaux de recherches scientifiques académiques en sciences humaines et sociales.

Le jury a été composé entre autres du promoteur, le Pr Kalele Ka-Bila, du président du jury, le Pr Payanzo Ntsomo, des membres effectifs, le Pr Lukoki Luyeye et le Pr Mwabila Malela.

Le recteur de l’UNIKIN, le Pr Daniel Ngoma-Ya-Nzuzi qui a présidé cette séance académique, a conféré au chef de travaux Ebweme du département de sociologie de la faculté des sciences sociales, administratives et politiques, le grade de docteur en sociologie. ACP/Fng/Zng/May

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