Cinq aires protégées de la RDC inscrites sur la liste du patrimoine mondiale en péril

Lubumbashi, 12 Juin 2019 (ACP).- Cinq aires protégées de la RDC, à savoir les parcs nationaux de virunga, Garamba, Kahuzi-Biega, Salonga et la réserve des faunes à Okapi, sont inscrites et demeurent jusqu’à ce jour sur la liste du patrimoine mondial en péril.

Cette information est contenue dans le rapport des journées de réflexion sur la proposition des plans stratégiques opérationnels de sorte de cinq sites naturels congolais de la liste du patrimoine mondial en péril, parvenu mardi à l’ACP. Ces journées avait été organisées en fin 2018 par l’UNESCO, l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature et de la coopération allemande GIZ dans le cadre du programme : «investi sur les données scientifiques probantes pour une gestion durable de la biodiversité de la RDC».

Le parc national de Virunga, inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1979, s’étend sur près de 790.000 hectares. Il regorge des hippopotames, des gorilles de montagne, des oiseaux, des reptiles. En 1997, ce parc a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril.

Le parc national de la Garamba, est devenu un patrimoine mondial en 1980 et s’étend sur 12.400 km2. Il comporte d’immenses savanes herbeuses et boisées, entrecoupées de forêts, galeries le long des rivières et des dépressions marécageuses. Il abrite quatre grands mammifères à savoir l’éléphant, la girafe, l’hippopotame et surtout le rhinocéros blanc, inoffensif, et plus gros que le rhinocéros noir. Il a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1996.

Le parc national de Kahuzi-Biega est une vaste étendue de forêt tropicale primaire. Inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1980, il compte 600.000 hectares. Ce parc a été sur la liste du patrimoine mondial en péril en 1997.

Quant au parc national de la Salonga, il a été dès 1984 opté comme patrimoine mondial. Ce parc est au cœur du bassin central du fleuve Congo. Il est la plus grande réserve des forets danse humide du continent africain avec 36.000 km. Il est isolé et accessible que par voie fluviale. Il est un habitat de plusieurs espèces endémiques menacées tels les chimpanzés nains, le paon congolais et l’éléphant de forêt. Depuis 1999, ce parc est inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril.

La relève de faune à Okapi qui a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1996 occupe une bonne partie de la forêt de l’Ituri au Nord-Est de la RDC soit 1.376.200 hectares. Cette réserve abrite des espèces menacées de primates, d’oiseaux et d’okapis. Elle possède également des sites exceptionnels dont les chutes sur l’Ituri et l’Epulu. Une année après son inscription en 1997, la réserve de faune à okapi a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril. Ces cinq aires protégées de la RDC, demeurent jusqu’à ce jour sur la liste du patrimoine mondial en péril à cause des menaces et pressions qui présentent sur elles.

Menaces et voies de sortie de la liste du patrimoine mondial en péril

L’insécurité et le braconnage sont les deux grandes menaces qui ont concouru à l’entrée des cinq aires protégées de la RDC sur la liste du patrimoine mondiale en péril. Les activités anthropiques diverses telles l’agriculture itinérantes sur brulis, la chasse et la pêche illégale, la récolte irrationnelle des produits forestiers non ligneux sont autant des pressions sur ces sites naturels. A ces menaces, s’ajoutent l’explosion démographique, la spoliation des sites due à l’installation des villages à l’intérieur des sites et l’absence des données scientifiques fiables, actualisées et accessibles.

Le rapport note que la sortie des sites naturels congolais inscrits sur la liste du patrimoine mondial en péril exige des données scientifiques probantes et actualisées, en vue d’évaluer les effets directs et futurs des actions menées sur les valeurs universelles exceptionnelles. Il préconise l’implication du pouvoir public, des universités et centres de recherche, des partenaires techniques financiers, de la société civiles environnementales, des communautés riveraines des aires protégées qui est une des conditions essentielles pour atteindre l’objectif primordial, la sortie des cinq sites naturels congolais du patrimoine mondial en péril. Il souligne la planification responsable et suivi adéquat des efforts fournis en vue de cette sortie.

ACP/Kayu/GMM/JLL/Fmb/Cfm/CKM

 

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