Le Président de la République inaugure samedi le Musée national de la RDC

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Kinshasa, 22 novembre 2019 (ACP).-  Le Président de la République  Félix Tshisekedi  procédera samedi à l’inauguration du Musée national de la RDC (MNRDC), situé sur le boulevard « Triomphal », à côté de l’Assemblée nationale, dans la commune de Lingwala à Kinshasa.

Contenu dans un bâtiment à deux niveaux, ses trois salles présentent un tout petit échantillon du riche patrimoine culturel  congolais. Quelque 400 œuvres y sont rangées selon des grands thèmes (défis de l’existence, cycle de la vie, expression culturelle). On y trouve des statuettes funéraires, masque en métal à l’expression profonde et mystérieuse, masque en bois aux grosses joues grotesques pour des rites d’initiation…  «Ces objets représentent le génie créateur du peuple congolais», résume le directeur général de l’Institut des musées nationaux (INM), Paul Bakua-Lufu Badibanga avant d’ajouter, «on a essayé de montrer l’homme congolais dans son environnement, actuel et ancien».

Ce musée qui se veut « national » fait la part belle à quelques-uns des 400 peuples identifiés le long du fleuve Congo et ses affluents (Luba, Tshokwe, Pende, Kongo…). C’est un miroir des paradoxes de l’identité congolaise, pays-continent où persiste des réflexes communautaires (ethniques ou tribaux, disent les Congolais).

Il  développe une approche trop «coloniale» de l’histoire et la société, au goût du professeur d’anthropologie Placide Mumbembele. « A l’entrée, vous avez la carte ethnique du pays (NDLR : en fait l‘énumération de toutes ses communautés). On se croirait dans les musées coloniaux des années 30 ou 40. On ne présente pas une société qui évolue », souligne-t-on.

 D’autres urgences

Les responsables de la scénographie ont choisi les 400 œuvres parmi les 45.000 pièces conservées par l’Institut des musées nationaux, dont 12.000 ont été transférés dans les réserves de ce nouveau musée.

Les autres sont restées au siège de l’Institut, niché sur les hauteurs de Kinshasa dans l’enceinte du parc présidentiel du Mon-Ngaliema. Là-bas, les objets sont conservés dans des conditions précaires. Une petite centaine dont deux fauteuils de l’ancien Président Mobutu sont exposés dans une salle vétuste et mal éclairée.

Quant à l’autre musée de Kinshasa, celui dédié à l’art contemporain, il expose et conserve dans des conditions déplorables, selon l’un de ses responsables, les toiles des maîtres de la peinture populaire très prisés sur le marché de l’art (Chéri Samba, Moke, Pili Pili…).

Dans ces conditions, les autorités ne demandent pas à l’ancienne puissance coloniale, la Belgique, la restitution immédiate des biens culturels congolais. «Nous avons d’autres urgences», avait déclaré le Président Félix Tshisekedi au quotidien belge «Le Soir» avant son déplacement à Bruxelles en septembre.

Le Chef de l’Etat pensait sans doute à la gratuité de l’enseignement de base, un défi titanesque pour les fragiles finances publiques du plus grand pays d’Afrique sub-saharienne.

La position congolaise contraste avec la volonté affichée par le Sénégal de récupérer toutes les pièces de son patrimoine conservées en France depuis l’ouverture du Musée des civilisations noires de Dakar il y a un an. Le débat sur la restitution est passionnel depuis la publication fin 2018 d’un rapport rédigé à la demande du Président français Emmanuel Macron.

Ses deux auteurs préconisent une restitution rapide. L’un d’entre eux, l’économiste sénégalais Felwine Sarr, affirme être la cible d’un lobby de la partie adverse : « On nous objecte qu’il n’y aurait pas de musées en Afrique ni de compétences, que le patrimoine y serait en péril (…)», affirmait-il en janvier au magazine français l’Express.

« La restitution est une question légitime », temporise à Kinshasa le Pr Placide Mumbembele, un spécialiste de la question. Il estime qu’il faut coopérer pour que les chercheurs congolais et belges puissent travailler sur l’origine des objets conservés au Musée royal d’Afrique centrale de Tervuren. «On peut résoudre cette question en douceur, et non avec des émotions qui prennent le dessus sur la réflexion», ajoute-t-il. Des échanges et des expositions temporaires peuvent être une solution dans un premier temps pour apaiser les blessures de l’histoire de l’art, et de l’histoire tout court, rapporte l’Agence France Presse(AFP). ACP/Kayu/GMM/Fmb/NIG/JLL/CKM/GGK/MNI

 

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