La SNEL  secouée par des vols de câbles de communication de barrages d’Inga

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Inga, 08 décembre 2019 (ACP).- La Société nationale d’électricité(SNEL) a été de nouveau secouée   par un vol de plus de 280 m de câbles du système d’échanges d’informations des machines,  des postes et de la station de conversion d’Inga(SCI) de barrages hydroélectriques du même nom, ayant entrainé, le 15 novembre,  une coupure générale de l’électricité dans la ville de Kinshasa  et  dans les  réseaux interconnectés de l’Ouest et du Sud du pays.

Dans une interview samedi à l’ACP au site d’Inga, principale source de production de l’électricité en RDC, le directeur de production Ouest (DPO) ai de la SNEL, l’ingénieur Richard Ngity Kibasima a révélé que les vols de ces câbles avaient également provoqué  l’arrêt de 2 groupes, les G11 et G15  de la centrale d’Inga 1, 55 mégawatts chacun, soit 110 MW de moins sur les réseaux, entrainant, par conséquent, des délestages à Kinshasa et dans les systèmes électriques interconnectés du pays.

Par ailleurs, le directeur d’Inga a regretté que les efforts d’amélioration de la desserte en électricité fournis par la société soient de temps en temps anéantis par des actes de destruction  qui plongent  parfois tout un pays dans le noir.

« Comment peut-on vouloir une chose et son contraire face aux objectifs de développement du pays par la couverture en énergie électrique, en détruisant l’existant», a déploré  M. Ngity, précisant que les centrales d’Inga n’ont jamais connu ces genres d’actes depuis leur mise en service en 1972 (Inga I) et 1982 (Inga II).

Il a  annoncé, à cet effet,  le renforcement des mesures de sécurité pour mettre fin à cette situation, tout en sollicitant l’implication de l’Etat pour la protection du site.

En outre, dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, plus de 100 m de câbles de rejet de groupes d’Inga ont été sectionnés, occasionnant un déséquilibre total du réseau et un retrait brusque  de 485 MW transités par la SCI vers l’ex Katanga,  ainsi qu’une surchauffe des machines d’Inga, selon l’ingénieur Dieu Mvula Mbongo, chef de centre de la SCI.

« Si les câbles étaient en place, l’ordre de déclenchement des groupes allait être respecté », a ajouté M. Ngity qui a regretté que la sur fréquence provoquée par le vol de câbles, avait entrainé  le déclenchement de toutes les machines de production par d’autres moyens de protection.

Pour faire face à cette situation, la SNEL avait  déployé des équipes qui avaient travaillé d’arrache-pied,  en remplaçant  les câbles volés, avant de rétablir l’électricité, le 16 novembre.
Il a rappelé que le système de rejet qui avait été entamé par les vols,  joue une rôle de fournisseur  d’informations au système de fonctionnement des barrages pour  établir un équilibre entre la production et la consommation.

Grâce à la réhabilitation et à la modernisation des barrages d’Inga initiées par le directeur général de la société, Jean-Bosco Kayombo, ce système de protection avait été mis en place, afin de  sécuriser et stabiliser la production, a-t-il expliqué.

Selon lui, l’objectif ultime est que toutes les machines ne puissent pas quitter le réseau au même moment, afin d’éviter les black-out sur les réseaux interconnectés de la SNEL.

Celle-ci traverse une rude épreuve face à ces actes récurrents à Inga et ignore par contre les motivations à la base   de ces vols de ces câbles en cuivre, moins coûteux mais d’une grande importance dans le fonctionnement des barrages d’Inga.

Le DPO ai a fait remarquer que la SNEL attendait fermement  les résultats des enquêtes pour savoir s’il s’agit d’actes de sabotage ou des volts à intérêt commercial.

Par ailleurs, des  cas similaires avaient été récemment déplorés dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba où  les autorités avaient pris l’engagement de traquer les voleurs et les acheteurs des conducteurs en cuivre de la SNEL.

Un cultivateur appréhendé avec des câbles de la SNEL à Inga

A cette même occasion, un cultivateur originaire de Matadi, capitale provinciale du Kongo Central, du nom de Mambweni Bititi, alias Raüs, une quarantaine révolue, a été appréhendé par les services de sécurité, avec des câbles volés à l’endroit où le premier lot avait été sectionné, non loin de la centrale d’Inga I. Il a été transféré au parquet de Matadi pour y être jugé.

Le nouveau phénomène des vols de câbles  à Inga soulève la problématique de la sécurisation de ce site, a indiqué un agent de la SNEL, qui a sollicité la réhabilitation de la garde industrielle pour une prise en charge totale de la protection du site comme par le passé. ACP/ZNG/Wet

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