Une présidentielle sous tension et contestée en Algérie

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Kinshasa, 12 déc. 2019 (ACP).- Les 24 millions d’électeurs algériens  attendus,  se sont rendus  dans les 61.000 bureaux de vote qui ont tout de même  ouvert  leurs portes jeudi comme prévu à 08H00 (07H00 GMT) à travers le pays, pour  élire un nouveau Président de la République en remplacement d’Abdelaziz Bouteflika, malgré les incertitudes remarquées quelques mois avant, ont annoncé les médias locaux, citant l’agence de presse officielle APS.

Selon l’APS,  à Bab el Oued, une centaine d‘électeurs, dont de nombreux jeunes, se pressaient déjà, contre toute attente, devant le principal bureau de vote de ce quartier populaire d’Alger. Après pratiquement dix mois d’une contestation populaire massive et inédite ayant emporté le président Abdelaziz Bouteflika, les Algériens ont voté jeudi pour élire son successeur lors d’une présidentielle perçue comme une manoeuvre de survie du régime.

Le “Hirak”, mouvement anti régime né le 22 février dernier et qui a obtenu la démission en avril de M. Bouteflika, n’a montré aucun signe d’essoufflement et reste farouchement opposé à ce scrutin que le pouvoir, aux mains de l’armée, a tenu à organiser  coûte que coûte, malgré un contexte tendu.

Le mouvement qui dénonce ce qu’il qualifie de  “mascarade électorale”, exige plus que jamais la fin du “système” au pouvoir depuis l’indépendance en 1962 et le départ de tous ceux qui ont soutenu ou pris part aux 20 ans de présidence de M. Bouteflika. Les cinq candidats sont tous considérés par la contestation comme des enfants de ce “système”.

On ajoute que vendredi, la dernière manifestation hebdomadaire avant l‘élection a rassemblé une foule monstre, manifestant par-là même l‘étendue du rejet. Et, à moins de 24 heures du scrutin, des milliers de manifestants ont encore affiché mercredi leur détermination à Alger aux cris de “Pas de vote!” Ils ont forcé un important dispositif de police qui est parvenue à les disperser.

En fonction du résultat, un second tour pourrait avoir lieu dans les prochaines semaines.

Les   sources     précisent que faute   de   sondages   en Algérie, il   est      difficile de    prévoir quelle part des 24    millions d‘électeurs iront voter, dans un pays où la participation était ces dernières années traditionnellement faible. Mais    la plupart des observateurs s’attendent à une très   forte    abstention,    alors que   pour le pouvoir, la participation    sera “massive”.

Les  bureaux de vote des consulats   algériens   de l‘étranger, où   le    scrutin   a    commencé     samedi,  ont    donné    une    indication: des bureaux quasi vides, devant lesquels des manifestants conspuent les rares citoyens venus voter. ACP/Zng/Cfm/THD

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