Interdire l’homosexualité n’a rien d’homophobe, dit le président sénégalais à Trudeau

0
49

Kinshasa, 13 Février 2020 (ACP).- Le président Macky Sall a déclaré mercredi que l’interdiction de l’homosexualité au Sénégal relevait de la spécificité culturelle de son pays et n’avait “rien à voir” avec l’homophobie, en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui a brièvement évoqué le sujet avec lui, ont rapporté jeudi des médias étrangers.

“Je suis toujours à la défense des droits humains et j’amène toujours ces enjeux-là partout où je vais”, a dit lors d’un point presse commun à Dakar M. Trudeau, connu pour son engagement en la matière. “Le président Macky Sall connaît très bien mes perspectives là-dessus et on en a parlé brièvement”, a-t-il ajouté.

Il a mis en contrepoint le fait que le Sénégal est, selon lui, un leader en matière de démocratie et en terme de valeurs.  « On ne peut pas non plus demander au Sénégal de dire : Demain, on légalise l’homosexualité, et, demain, c’est la gay parade, etc », a laissé entendre le président sénégalais. Par ailleurs, M. Sall a confirmé que la question, sensible dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, avait été abordée dans leurs entretiens.

“Seulement, les lois de notre pays obéissent à des normes qui sont le condensé de nos valeurs de culture et de civilisation”, a-t-il dit. “Cela n’a rien à voir avec l’homophobie. Ceux qui ont une orientation sexuelle de leur choix ne font pas l’objet d’exclusion”, a-t-il insisté.

“Ça, c’est pas possible parce que notre société ne l’accepte pas. La société, elle va évoluer, ça prendra le temps que ça prendra”, a dit le président sénégalais. Quant au rythme de cette évolution, il a insisté que chaque pays a son propre métabolisme.

Au Canada, au contraire, s’est exprimée l’inquiétude que M. Trudeau ne sacrifie la défense des droits à la campagne actuellement menée par son pays pour un siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Les voix des pays africains sont précieuses dans cette quête. La loi sénégalaise punit de peines d’un à cinq ans d’emprisonnement les actes homosexuels. Le Code pénal parle d’“acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe”.

M. Sall, dont le pays est souvent cité en exemple d’Etat de droit en Afrique, a toujours invoqué les spécificités du Sénégal pour refuser une dépénalisation de l’homosexualité. Plus de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne 28 sur 49 disposent de législations interdisant ou réprimant l’homosexualité, parfois passible de la peine de mort. Avant d’arriver lundi au Sénégal, M. Trudeau était en Ethiopie, où l’Union africaine était réunie en sommet.

Le séjour de M. Trudeau au Sénégal met l’accent sur l’inclusion des femmes et des filles, y compris dans les missions de maintien de la paix, la situation au Sahel, les échanges commerciaux, l’aide au développement et la crise climatique.

Lundi matin, il a visité la Maison des esclaves sur l‘île de Gorée, au large de Dakar, où est entretenu le souvenir de la traite négrière. “Je me souviendrai de cette visite toute ma vie”, a-t-il dit, “bouleversé et ému”. ACP/FNG/ZNG/Wet

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here