Les jihadistes multiplient les attaques, Buhari se rend dans le nord-est du Nigeria

0
61

Kinshasa, 13 Février 2020 (ACP).- Les jihadistes de l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont multiplié les attaques dans le nord-est du Nigeria contre les forces de sécurité ces derniers jours, au lendemain d’un terrible massacre qui a fait 30 morts parmi les civils, forçant le chef de l’Etat à venir témoigner son respect aux autorités locales, ont rapporté jeudi des médias étrangers.

Le président Muhammadu Buhari, élu une première fois en 2015 sur la promesse d‘éradiquer Boko Haram, a effectué une brève visite surprise à Maiduguri mercredi, à son retour du sommet de l’Union Africaine à Addis Abeba. “Je ne voulais pas rentrer directement à Abuja sans passer par ici, et vous témoigner mon respect”, a lancé le chef de l’Etat, ancien général des armées, au Shehu du Borno (chef traditionnel), au gouverneur de l’Etat, et aux troupes.

“Je peux vous assurer que la sécurité va continuer à s’améliorer et que nous y travaillerons avec force”, a-t-il martelé, soulignant que le problème était le manque de ressources et que le pays, premier producteur de pétrole du continent avec une production de deux millions de barils par jour, n’est pas “si grand et riche que ce que les gens croient. “Lundi, des combattants du groupe d’ISWAP, branche de Boko Haram affiliée à l’EI, sont arrivés à bord de véhicules et ont attaqué un poste militaire dans le village de Tungushe, près de la capitale de l‘État du Borno, Maiduguri, tuant un soldat et blessant un autre”, a révélé un officier militaire.

Deux insurgés ont également été tués, a-t-il souligné. Selon Ibrahim Liman, l’un des chefs de milices civiles qui combattent aux côtés de l’armée nigériane, les insurgés se sont ensuite rendus dans la ville voisine de Gajiganna, où ils ont mené une deuxième attaque, tuant un autre soldat et emportant avec eux un véhicule militaire.

Dans le même temps, à Rann, une importante localité isolée à la frontière entre le Nigeria et le Cameroun, des insurgés sont arrivés à moto et dans quatre véhicules équipés de mitrailleuses, et ont attaqué les positions militaires de défense de la ville. “Nous avons perdu trois de nos miliciens à Rann”, a expliqué M. Liman. “Notre consolation est que plusieurs terroristes ont aussi été tués au combat”, a-t-il déclaré.

Rann est à environ 175 km au nord-est de Maiduguri, et quelque 35.000 personnes déplacées par les violences y ont trouvé refuge. La ville a subi des attaques répétées de combattants de l’ISWAP et de Boko Haram, et le personnel humanitaire n’y a plus accès pour des raisons de sécurité.

Mardi, l’ISWAP a revendiqué la responsabilité de ces trois attaques, assurant avoir tué et blessé plusieurs soldats” et “incendié une vingtaine de bâtiments publics.  Les membres d’ISWAP multiplient les attaques, principalement contre les forces de sécurité, les chrétiens, les organismes de l’Etat ou le personnel humanitaire.

Le président Buhari est très fortement critiqué pour son bilan sécuritaire depuis son arrivée au pouvoir, n’ayant pas mis fin au conflit dans le nord-est, et ne parvenant pas à réduire l’insécurité rampante qui gangrène le reste du pays, géant de 200 millions d’habitants. ACP/FNG/ZNG/Wet

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here