Le Procureur de la CPI préoccupé par la montée de violences en Ituri, en RDC

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Kinshasa,05 juin 2020 (ACP).- Le Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, s’est dit préoccupé par les nombreux rapports signalant une montée de violences graves depuis plusieurs
mois en Ituri, en République démocratique du Congo (RDC ), et plus particulièrement dans les territoires de Djugu et Mahagi, dans une
déclaration parvenue jeudi à l’ACP.

« Des informations crédibles indiquent de nombreuses attaques armées,
contre la population civile. Ces attaques se sont intensifiées ces derniers mois, sur plusieurs territoires de l’Ituri. Ces mêmes informations rapportent également des attaques répétées contre des camps de personnes déplacées internes et des communautés ciblées
», a-t-il dit.


Pour le Procureur, plusieurs actes signalés dont le meurtre et la mutilation de nombreuses personnes civiles pour la plupart des enfants, des enlèvements et des exécutions sommaires ou extrajudiciaires, des crimes sexuels et à caractère sexiste contre des femmes, des filles mineures et des hommes, des pillages systématiques, des incendies ainsi que des destructions de maisons, de propriétés privées et d’édifices publics pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale ( la CPI ).

La CPI surveille la situation en RDC depuis 2004 Mme Fatou Bensouda a, dans cette même déclaration, rappelé à tous les groupes et parties concernés que la CPI a ouvert une enquête en RDC en 2004, et que son bureau continue de surveiller avec une extrême vigilance la situation sur toute l’étendue du territoire congolais, particulièrement celle qui prévaut actuellement dans les territoires de l’Ituri.

« J’appelle tous les groupes et toutes les parties à cesser sans délai toutes les attaques, notamment contre la population civile, et à s’abstenir de recourir à toute violence criminelle contraire au Statut de Rome de la CPI », a-t-elle martelé, avant d’encourager les autorités compétentes de la RDC, conformément au principe de complémentarité qui est au cœur du Statut de Rome et qui confère aux Etats parties la responsabilité première de poursuivre et de juger, à intensifier leurs efforts pour que des enquêtes véritables soient menées.

Elle a également demandé aux autorités congolaises de faire la lumière sur les crimes allégués, et à traduire en justice tous les auteurs et complices des actes criminels enregistrés dans la région de l’Ituri.

Elle les a aussi encouragées, avec l’appui de leurs partenaires, à poursuivre résolument leurs efforts, en vue de protéger et de sécuriser les populations civiles et leurs biens, ainsi qu’à prendre les dispositions appropriées afin de prévenir la commission de tels actes à l’avenir.

Selon Mme Fatou Bensouda, son bureau va intensifier ses contacts avec
les autorités congolaises pour renforcer le travail déjà initié en vue de cartographier les incidents relevant potentiellement de la compétence de la CPI et d’échanger avec les autorités sur les mesures urgentes à prendre, en particulier dans le cadre du traitement des cas prioritaires par la justice congolaise.


« Une mission de mon bureau sera déployée en RDC dès que les
conditions liées à la crise sanitaire de la COVID-19  le permettront
», a-t-elle précisé.

Le bureau du Procureur de la CPI, rappelle-t-on, mène des examens préliminaires, des enquêtes et des poursuites à propos du crime de génocide, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et du
crime d’agression, en toute impartialité et en toute indépendance.


Depuis 2003, le Bureau enquête sur plusieurs situations relevant de la
compétence de la CPI, notamment au Burundi, en Côte d’Ivoire, au Darfour (Soudan), en Géorgie, au Kenya, en Libye, au Mali, en Ouganda,
en République centrafricaine (deux situations distinctes), en République démocratique du Congo et en République populaire du Bangladesh/République de l’Union du Myanmar, et en Afghanistan.
Le Bureau conduit également des examens préliminaires à propos  situations en Colombie, en Guinée, en Iraq/Royaume-Uni, au Nigéria,
aux Philippines, en Ukraine et au Venezuela, tandis que la situation
en Palestine doit faire l’objet d’une décision judiciaire. ACP/Kayu