Les ONG et avocats camerounais exigent une enquête indépendante suite au décès en détention du journaliste Wazizi

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Kinshasa, 10 juin 2020 (ACP).- Les avocats d’un journaliste
camerounais mort en détention, Samuel Wazizi, ont exigé mardi devant
le tribunal de grande instance de Buea (Sud-Ouest) qu’une enquête soit
ouverte, demande reprise par plusieurs ONG internationales, ont
rapporté mercredi des agences de presse internationale. “Etant donné
les faits contradictoires qui entourent la mort de Samuel Wazizi, nous
allons demander une enquête sur la cause de son décès”, ont expliqué
ses avocats dans un communiqué.

Selon eux, le tribunal qui répondait à leur demande d’habeas corpus, émise avant l’annonce du décès de leur client, s’est contenté de citer un communiqué publié par l’armée camerounaise vendredi qui affirme que leur client est mort deux semaines après son arrestation, en août 2019.

 « Nous sommes toujours choqués que les autorités aient fait disparaître Wazizi et dissimulé sa mort durant 10 mois », a affirmé dans ce communiqué Felix Agbor Nkongho, Président du Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique (CHRDA).

L’armée l’accuse d’avoir agi comme “logisticien de divers groupes terroristes” dans l’ouest anglophone, déchiré par un conflit séparatiste. Six ONG camerounaises et quatre ONG internationales, dont Human Rights Watch et Amnesty International, demandent également une enquête “indépendante, efficace, approfondie et impartiale” dans un communiqué commun.

A Yaoundé, Douala et Buea, des journalistes s‘étaient rassemblés mardi pour demander une enquête, à l’appel du Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC).

Pour l’instant, la seule annonce sur les suites de l’affaire a été faite par l’ambassadeur de France Christophe Guilhou vendredi, après un entretien avec le président Paul Biya, qui lui “a dit qu’il allait diriger une enquête”, a affirmé l’ambassadeur à la télévision nationale CRTV.

Par ailleurs, les ONG réclament que le Conseil de sécurité de l’ONU ajoute officiellement la situation au Cameroun à son ordre du jour afin de pouvoir la suivre de plus près. Depuis près de trois ans, les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont ébranlées par de violents affrontements entre l’armée et des groupes séparatistes. Les combats, mais aussi les exactions et meurtres commis contre des civils par les deux camps, ont fait plus de 3 000 morts et forcé plus de 700 000 personnes à fuir leur domicile. ACP/Kayu