Une dizaine de soldats tués dans une attaque jihadiste en Côte d’Ivoire

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Kinshasa, 12 juin 2020 (ACP).- L’attaque jihadiste contre la base des forces de sécurité ivoiriennes dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, voisin du Burkina, a fait une dizaine de morts, selon plusieurs sources sécuritaires ivoiriennes et burkinabè cité jeudi par des médias étrangers.

Une source ivoirienne a fait état de 12 morts dont 11 militaires et un gendarme ainsi que de 6 blessés et 2 disparus alors qu’une autre source ivoirienne parle de 9 morts. Une source burkinabé a également évoqué une dizaine de victimes au cours de cette première attaque jihadiste sur le sol ivoirien depuis l’attentat de Grand Bassam en 2016 (19 morts).

Il y a eu des tirs de fusils vers le fleuve. On a entendu des bruits de voitures de militaires qui traversent en vitesse le village. On a peur. Les tirs de fusils durent depuis tôt ce matin. Et ça continue encore”, a affirmé au téléphone un habitant de Kafolo sous couvert de l’anonymat.

Selon une source burkinabè, l’attaque a été “menée vers 03H00 du matin (locales et GMT) ar plusieurs dizaines d’individus armés, certainement des éléments du JNIM (en français: Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, GSIM) qui ont pied dans la zone. C’est la première attaque jihadiste sur le sol ivoirien depuis l’attentat de Grand Bassam en 2016 (19 morts) qui avait ciblé des terrasses d’hôtels de la station balnéaire.

L’attaque s’est produite dans “la même zone que l’opération antijihadiste” menée conjointement par les armées ivoirienne et burkinabè en mai, selon les sources ivoirienne et burkinabè.

Baptisée “Comoé” du nom du fleuve qui coule entre les deux pays, l’opération qui visait à déloger des jihadistes dans le secteur avait conduit à la mort de huit jihadistes présumés, l’arrestation de 38 suspects et la destruction d’une base, sans perte pour les forces ivoirienne ou burkinabè, selon l’armée ivoirienne. Selon plusieurs sources sécuritaires, l’attaque “est certainement une réponse” à cette opération qui a privé les “éléments
(jihadists) opérant au Burkina de zone de repli”

. “Il y a eu un coup de pied dans la fourmilière. Jusqu’ici, ils (jihadistes) étaient tranquilles dans cette zone”. D’après une source proche de la
présidence ivoirienne, l’attaque devait être au centre des discussions
du Conseil national de sécurité prévu jeudi et qui avait initialement comme ordre du jour la pandémie de coronavirus.

 La présence de jihadistes au nord du parc national de la Comoé avait été repérée depuis plus d’un an. Selon des sources sécuritaires, il s’agissait de
combattants opérant au Burkina, qui venaient chercher refuge du côté ivoirien de la frontière.

 Plusieurs attaques jihadistes ont eu lieu près de la frontière, côté burkinabè, jamais côté ivoirien jusque-là. Le Burkina fait face à des attaques jihadistes qui ont fait près de 1.000 morts depuis 2015. L’attaque de jeudi en Côte d’Ivoire montre que la menace jihadiste descend vers les pays du Golfe de Guinée, après s‘être étendue au Sahel.

 La zone frontalière ainsi que la zone nord-est de la Côte d’Ivoire sont déconseillées aux voyageurs par le ministère français des Affaires étrangères depuis 2019. Deux Français avaient été enlevés au nord du Bénin en mai 2019 alors que les zones du nord du Ghana et du Togo sont sous haute surveillance.

 Les violences jihadistes, souvent entremêlées à des violences intercommunautaires, se sont soldées par 4.000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019, selon l’ONU. ACP /Kayu