Evariste Ndayishimiye investi président du Burundi après le décès de

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Pierre Nkurunziza Kinshasa, 19 juin 2020 (ACP).- Le Président burundais, Évariste Ndayishimiye, a été investi jeudi à Gitega avec deux mois d’avance sur la date prévue, après le décès soudain de son prédécesseur Pierre Nkurunziza, ont rapporté des agences internationales de presse. Selon ces sources, le président investi prend en mains les destinées d’un pays confronté à l‘épidémie de Covid-19.

La prestation de serment de M. Ndayishimiye, 52 ans, a  eu lieu à 9h00 GMT au stade Ingoma de Gitega, la capitale administrative du pays, dans un contexte particulier en raison de la situation sanitaire.

 Les représentations diplomatiques au Burundi ont été invitées, mais le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, devrait être le seul chef d‘État étranger présent. Les autorités ont demandé au public de se présenter assez tôt pour se plier aux mesures sanitaires mises en place, comme le lavage des mains et la prise de température. Élu à la présidentielle du 20 mai, M. Ndayishimiye devait initialement
prendre ses fonctions le 20 août, à la fin du mandat de Pierre Nkurunziza.

 Le décès subit de ce dernier le 8 juin, à l‘âge de 55 ans après 15 années au pouvoir, officiellement d’un arrêt cardiaque, a changé la donne.Pour éviter une période d’incertitude qui aurait pu déstabiliser le Burundi, dont l’histoire est jalonnée de crises
politiques meurtrières et d’une longue guerre civile (300.000 morts entre 1993 et 2006), le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, a décidé d’accélérer la transition.

La Cour constitutionnelle, acquise à l’exécutif, avait décidé que M. Ndayishimiye devait débuter son mandat de sept ans le plus tôt possible, sans période d’intérim. A la mort de M. Nkurunziza, qui l’avait présenté comme son héritier, le général Ndayishimiye s’est engagé à poursuivre son œuvre. Le nouveau chef de l‘État est l’un des acteurs clés d’un pouvoir qui a mené une répression meurtrière ayant fait plus de 1.200 morts et conduit 400.000 Burundais à l’exil, après la candidature controversée de M. Nkurunziza à un troisième mandat en avril 2015.

 Le Burundi est classé parmi les trois pays les plus pauvres au monde par la Banque mondiale, qui estime que 75% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, contre 65% à l’arrivée au pouvoir de M. Nkurunziza en 2005. Le Burundi a officiellement recensé 104 cas de Covid-19 pour un seul décès. Ce bilan laisse sceptiques bien des médecins, selon lesquels de nombreux cas et décès de personnes présentant les symptômes du virus ont été exclus des chiffres officiels. ACP/ Kayu