Remaniement au sein du gouvernement algérien pour faire face à la menace de marasme économique

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Kinshasa, 25 juin 2020 (ACP).- Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a procédé mardi soir à un remaniement ministériel partiel qui vise les finances et l‘énergie, deux secteurs clés alors que l’Algérie, hyper dépendante de la rente pétrolière, fait face à un risque de marasme économique, a-t-on appris mercredi des médias étrangers.

La plupart des ministères régaliens, Affaires étrangères, Intérieur et Justice, selon ces sources,  conservent leur titulaire, à l’exception des portefeuilles stratégiques de l’Energie et des Finances.

Le premier revient à Abdelmadjid Attar, ancien PDG du géant pétrolier public algérien Sonatrach (1997-2000), qui remplace Mohamed Arkab, propulsé à la tête du ministère des Mines, précise un communiqué laconique de l’agence de presse officielle APS publié tard mardi soir.

Le deuxième changement majeur concerne le ministère des Finances, où Abderrahmane Raouya cède son fauteuil au gouverneur de la Banque centrale, Aymen Ben Abderrahmane.

 La réorganisation du gouvernement dont la rumeur courait ces derniers jours à Alger touche également l’enseignement supérieur, l’agriculture, les transports et le tourisme. L’Algérie, très vulnérable à la chute des prix du pétrole et confrontée à une crise du système politique doublée d’une urgence sanitaire, voit s’approcher la menace d’un krach financier et de troubles sociaux. La Banque centrale vient de publier des chiffres alarmants sur la chute des liquidités bancaires.

Compte tenu de l’effondrement des cours du brut ces derniers mois, le prix de référence du baril de pétrole a été revu à la baisse de 50 à 30 dollars (de 45 à 27 euros) dans la récente loi de finances complémentaire. L’Algérie est tout particulièrement exposée aux fluctuations du prix du baril du fait de sa dépendance à la rente pétrolière, qui représente plus de 90% de ses recettes extérieures, et de la faible diversification de son économie.

Pour faire face à cette situation préoccupante, le gouvernement a décidé de réduire de moitié le budget de fonctionnement de l’Etat et a annoncé une réduction de l‘énorme facture des importations de 41 à 31 mds USD (38 à 28 mds EUR).

Par ailleurs, le président Tebboune, qui a exclu au nom de la souveraineté nationale de contracter des prêts auprès du FMI et des organismes financiers internationaux, a lui-même reconnu la vulnérabilité de l‘économie algérienne en raison de notre négligence pendant des décennies à la libérer de la rente pétrolière.

Selon des prévisions du FMI, l’Algérie devrait connaître une récession en 2020 (-5,2%) ainsi qu’un déficit budgétaire parmi les plus élevés de la région en raison de la crise pétrolière et de la pandémie de coronavirus. ACP/ Kayu