La Guinée-Bissau reçoit à son tour des médecins cubains contre le Covid

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Kinshasa, 29 juin 2020 (ACP).- La Guinée-Bissau a reçu dimanche une vingtaine du personnel médical cubain, venue renforcer l’équipe de riposte de ce pays pour combattre le Covid-19, ont rapporté des médias étrangers. 

Depuis le début de la pandémie, Cuba a envoyé environ 3.000 professionnels de santé dans différents pays, Italie, Mexique ou Qatar. A peu près en même temps que la Guinée-Bissau, quinze praticiens cubains ont posé pied en Martinique, dans les Antilles françaises. L’Afrique du sud ou encore la Guinée voisine de la Guinée-Bissau ont également accueilli des médecins cubains.

La Guinée-Bissau a déclaré 1.614 cas de contamination et 22 décès. L’ONG Médecins sans frontières tirait la sonnette d’alarme en mai devant la progression rapide de l‘épidémie, qui faisait de ce petit pays l’un des plus touchés du continent en proportion de sa population (1,8 million). MSF s’inquiétait d’une réponse “insuffisante et souvent mal coordonnée”, de la contamination d’un nombre important de soignants et
de la stigmatisation associée à la maladie.

Le système de santé de Guinée-Bissau est précaire. Le pays traverse depuis des années une crise politique qui entrave l’action publique. L’envoi de médecins cubains en Guinée-Bissau perpétue les relations nouées par les deux pays depuis la guerre d’indépendance (1963-1974), a déclaré la commissaire à la lutte contre le Covid-19, Magda Robalo Correia E. Silva.

“Ils nous ont assistés depuis la lutte pour notre indépendance, et ils nous assistent jusqu’à ce jour”, a-t-elle dit en exprimant sa reconnaissance. Cuba et l’Union soviétique ont soutenu le combat pour l’indépendance contre le Portugal. Les liens demeurent dans les domaines médical mais aussi militaire.

Près de 30.000 médecins cubains sont déployés à l’année dans une soixantaine de pays au titre d’un programme lancé dans les années 1960 par Fidel Castro et revigoré par l‘épidémie de coronavirus. Cuba a commencé à facturer ce service aux pays les plus riches à partir des années 2000. C’est l’une de ses principales sources de revenus. Le programme est durement critiqué par les Etats-Unis. ACP/Kayu