Le roi des Belges exprime ses « plus profonds regrets » pour la colonisation

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Bruxelles, 1er  juillet 2020 (ACP).-Le roi Philippe a reconnu, lundi, «les actes de cruauté et les souffrances» commis au Congo pendant la colonisation et à exprimé ses « plus profonds regrets », dans une lettre adressée au Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, à l’occasion des 60 ans de l’indépendance du Congo et publiée par l’ensemble de la presse belge.

Dans cette correspondance, le roi Philippe relève qu’«à l’époque de l’État indépendant du Congo, des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective ».

Pour le Souverain belge, « la période coloniale qui a suivi a également causé des souffrances et des humiliations ». Aussi tient-il à exprimer ses « plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés ».

Le roi belge profite de l’occasion du 60ème anniversaire de l’indépendance congolaise pour renouveler les sentiments d’amitié qui lient le Congo et la Belgique, avant de se réjouir de la «coopération intense» qui existe entre les deux pays, notamment dans le domaine médical qui nous mobilise en cette période de pandémie.

La Première ministre belge, Sophie Wilmès, devrait aussi s’exprimer sur le même sujet, ce mardi, dans une allocution télévisée.

Ci-après l’intégralité de la lettre du roi belge au Président de la RDC :

« En ce soixantième anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, je tiens à vous adresser ainsi qu’au peuple congolais mes vœux les plus chaleureux.

Cet anniversaire est l’occasion de renouveler nos sentiments d’amitié profonde et de nous réjouir de la coopération intense qui existe entre nos deux pays dans tant de domaines, et notamment dans le domaine médical qui nous mobilise en cette période de pandémie. La crise sanitaire nous frappe au milieu d’autres préoccupations. Le partenariat privilégié entre la Belgique et le Congo est un atout pour y faire face.

En ce jour de fête nationale, je souhaite réaffirmer notre engagement à vos côtés.Pour renforcer davantage nos liens et développer une amitié encore plus féconde, il faut pouvoir se parler de notre longue histoire commune en toute vérité et en toute sérénité.Notre histoire est faite de réalisations communes mais a aussi connu des épisodes douloureux.

À l’époque de l’État indépendant du Congo des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective. La période coloniale qui a suivi a également causé des souffrances et des humiliations. Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés. Je continuerai à combattre toutes les formes de racisme. J’encourage la réflexion qui est entamée par notre parlement afin que notre mémoire soit définitivement pacifiée.

Les défis mondiaux demandent que nous regardions vers l’avenir dans un esprit de coopération et de respect mutuel.

Le combat pour la dignité humaine et pour le développement durable requiert d’unir nos forces. C’est une ambition que je formule pour nos deux pays et pour nos deux continents, africain et européen.

Les circonstances actuelles ne permettent malheureusement pas de me rendre dans votre beau pays, que j’aimerais tant mieux connaître. J’espère que j’en aurai bientôt l’opportunité. » ACP/Kayu