Trois morts dans des violences après le meurtre d’un chanteur en Ethiopie

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Kinshasa, 02 juillet 2020 (ACP).- Trois personnes ont été tuées et plusieurs grièvement blessées en Ethiopie lors de manifestations mardi, au lendemain du meurtre d’un célèbre chanteur de l’ethnie majoritaire oromo, ont rapporté mercredi des agences internationales de presse. 

D’après ces sources, ces violences ont conduit le gouvernement à couper internet dans la capitale Addis Abeba. Elles soulignent la fragilité de la transition démocratique mise en œuvre par le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la Paix 2019.

Le chanteur Hachalu Hundessa a été tué par balle lundi soir à Addis Abeba, a rapporté la radio-télévision Fana, proche du pouvoir. Il était une des voix fortes de l’ethnie oromo, la plus importante du pays, pendant les années de manifestations antigouvernementales qui ont porté M. Abiy au pouvoir en 2018. Mardi matin, des foules de manifestants ont convergé vers la capitale depuis la région Oromia voisine, bloquant la circulation.

En Oromia, des violences ont également éclaté à Adama, dans le centre du pays, où des victimes ont affirmé avoir été touchées par des tirs des forces de sécurité, a
indiqué Desalegn Fekadu, chirurgien à l’hôpital de la ville. “Il y a beaucoup de victimes, la plupart par balles. Trois patients sont morts et il y en a encore dans un état critique”, a t-il déclaré en ajoutant qu’il y a aussi plus de 10 patients avec des brûlures. Ils ont raconté que leurs maisons avaient été incendiées.

Par ailleurs, des porte-parole de la police fédérale et de la police régionale de l’Oromia ont indiqué ne pas avoir d’informations sur le nombre de victimes. Le mobile du meurtre d’Hachalu n’est pas encore connu, mais le chef de la police d’Addis Abeba, Getu Argaw, a déclaré à Fana que “des suspects” avaient été arrêtés.

Au plus fort des manifestations antigouvernementales, qui avaient commencé en 2015, le chanteur avait donné un concert au Millennium Hall, un centre de conférence à Addis Abeba, où il avait exprimé dans ses textes les griefs des Oromo qui s’estimaient marginalisés économiquement et politiquement. ACP/Kayu/KJI