Emeka Esanga inhumé à la Nécropole Entre Terre et Ciel

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Kinshasa, 06 juillet 2020 (ACP).- L’ancien international congolais EmekaEsanga alias Mamale a été inhumé samedi à la Nécropole Entre Terre et Ciel dans la commune de la Nsele.Avant cette inhumation, le défunt a eu droit aux hommages dignes de son rang de la part de la part du mouvement sportif congolais. En tête de la hiérarchie,

 le ministre des Sports, Amos MbayoKitenge, doublé de sa casquette du président du Comité Olympique Congolais (COC). A sa suite, une forte délégation de la Fédération congolaise de football association (FECOFA) conduite personnellement par son président, Constant OmariSelemani.

 Pareil aussi pour les anciens Léopards des années 1996-1998 et 2000 et nombreux d’autres footballeurs des communes de Lemba, de Matete et de Ndjili. Le  Daring Club MotemaPembe, avec en tête son président VidiyeTshimangaTshipanda aux côtés du tuteur Jonas Mukamba, a fait aussi joué sa partition en guise d’adieu à son ancien joueur ZorinoEmekaMamale qui laisse une veuve et deux orphelins dont l’aîné est en Afrique du Sud.

Avant que le cortège funèbre ne s’ébranle pour la Nécropole Entre Terre et Ciel, sur place devant la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire, les kinois avaient rendu les derniers hommages à l’infortuné Emeka à travers de nombreux témoignages :

Constant OmariSelemani, président de la FECOFA : « EmekaMamale a eu à donner la joie aux sportifs congolais. Personnellement, c’est Olivier Bierlaire qui m’a fait découvrir ce joueur hors-pair. Mamale était porteur d’un nouveau vent dans notre football. Dieu nous l’avait donné et nous l’a retiré. Mamale était incompris mais son son talent avait confondu tout le monde. Adieu l’artiste ».

TshimangaTshipanda vice-président du DC MotemaPembe: « Mamale était un joueur de grand talent. Si nous lui rendons un vibrant dernier hommage,  c’est parce que nous sommes des humains. Ensuite, c’est parce qu’il a servi non seulement le Daring mais surtout les Léopards que les sportifs ne peuvent oublier. Encore actif, ce joueur avait fait rêver de nombreux jeunes joueurs »

Bijou Kisombe, ancien joueur de Sodigraf, de V.Club et des Léopards :  » Mamale a rejoint la terre des nos ancêtres de la manière que l’on sait. Il s’en va d’autres acteurs de la campagne héroïque de 1998 comme le défenseur Lebeau Bakasu ainsi que les entraîneurs Prof. WatundaIyolo et Pierre KalalaMukendi. Aujourd’hui, je pleure Mamale. En même temps, je pleure sur ce que sera le sort de tous les autres joueurs y compris moi-même. C’est une matière à réflexion ».

Okitakatshi « Mimi Orange, ancien joueur de Mabwilu : « On vient de perdre une vraie icône du football national. J’étais le manager de Mamale quand il évoluait en Afrique du Sud et en Corée du Sud. A ce titre, j’ai beaucoup contribué dans sa carrière professionnelle. Quand j’ai réussi son transfert au sein de l’équipe de Pohang Steelers, les dividendes de ce transfert m’avaient permis de m’acheter une résidence en Afrique du Sud. Et je l’ai aussi contraint d’en faire autant pour lui-même. Mais, pour la mémoire collective, l’on ne peut oublier ce match de la 3ème place de la CAN 1998, au Burkina Faso contre le pays hôte. A 15 minutes de la fin,  les Léopards qui étaient menés par 4-1 font tout basculé. Les fauves congolais contraignent les Etalons au partage de 4-4 avant de l’emporter aux tirs au but. Et feu Mamale était parmi les acteurs principaux »

Marcel Mayala et Bijou Kisombe  prennent la défense d’Emeka Esanga à titre posthume

Marcel Mayala et Bijou Kisombe deux anciens Léopards ont pris la défense d’Emeka Esanga et ont plaidé pour sa cause à titre posthume, sur l’une de ses phrases prononcées de son vivant en guise de revendication de ses droits de joueur des Léopards, ont-ils témoigné samedi en hommages au défunt.

Selon ces deux anciens Léopards contemporains et co-équipiers d’Emeka Mamale, dans l’équipe nationale, au-delà de son immense talent,  le nom de ce dernier est resté à jamais intimement liée à une expression devenue célèbre et dont il était auteur.

« A tout traitement au rabais, un rendement au rabais », expression littéralement traduisible en Lingwala par  « Mbongomuke, balle muke »,  telle est, selon Mayala et Kisombe, cette phrase, incomprise de l’opinion et sortie de la bouche d’EmekaMamale et qui, pour eux, a semblé salir l’image de marque du défunt.

Ainsi pour lever toute ambigüité sur la bonne compréhension de cette phrase, les deux anciens Léopards ont trouvé l’occasion des derniers hommages à feu ZorinoEmekaMamale très opportune pour plaider la cause de celui-ci, à titre posthume. »Mamale était un garçon gentil  qui a toujours défendu l’intérêt du groupe. C’est dans le sens de cet altruisme que s’inscrit cette phrase qu’il a prononcée dans un contexte particulier. Il l’avait dit non pour lui-même, mais pour l’intérêt général de l’ensemble de tous les joueurs des Léopards de cette époque. C’est le sens même de ces quatre mots qu’il a légué à la postérité.

 Mamale voulait simplement  dire :  » A travail égal, salaire égal ». En soi, ce discours n’a rien d’impolitesse sinon de faire comprendre aux décideurs de considérer les efforts fournis joueurs pour qui le football est leur gagne-pain », a déclaré Marcel Mayala,

l’ancien gardien des Léopards et actuel entraîneur des gardiens du onze national version  CHAN.Papy  Kimoto, un ancien défenseur des fauves congolais a aussi emboîté le pas à Marcel Mayala en ces termes : »Nous sommes obligés de laver la mauvaise image de Mamale qui transparaît, en filigrane, de  sa phrase restée très célèbre.

Comme on le sait, ce slogan est de Mamale pour une cause collective. Pourquoi seulement Emeka et pas suelqu’un d’autre? Et pour cause, cette équipe des Léopards était  pleine des talents de renom. Mais, il y avait une superstar du groupe : ZorinoEmeka, notre leader d’opinion. Sa revendication n’était nullement la sienne sinon la nôtre. Nous réclamions nos droits les plus légitimes par sa bouche.

Il a, ainsi, été victimisé pour l’intérêt de toute la communauté. C’est peut-être la manière et le moment de le dire qui étaient mal choisis ». A la question de savoir, si cette revendication avait porté ses fruits, Kimoto renchérit : « D’ailleurs, chaque fois nous revendiquions quelque chose, nous  avions toujours eu gain de cause. Cela, même si ce n’était pas assez consistant, il y avait au moins quelque chose en retour « . ACP/Kayu