Plaidoyer pour la création d’un parquet national financier en RDC

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Kinshasa, 13 juillet 2020 (ACP).- Le professeur émérite Nyabirungu Mwene Songa a proposé, samedi, la création du parquet national financier en République démocratique du Congo (RDC) pour rendre plus efficace la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent.

Le Pr Nyabirungu Mwene Songa  a fait ce plaidoyer lors de la cérémonie commémorative de la 2ème édition de la Journée africaine de lutte contre la corruption organisée à l’hôtel du gouvernement par le ministère de la Fonction publique et l’Observatoire de Surveillance de la Corruption et de l’Ethique Professionnelle (OSCEP), avec l’appui du Programme des Nations pour le Développement (PNUD).

Le thème retenu cette année est « Combattre la corruption par des systèmes judiciaires efficaces et efficients ».

Pour Nyabirungu Mwene Songa, il s’agira de détacher des magistrats du parquet afin qu’ils se consacrent à une criminalité particulière qu’est la corruption qui fait perdre beaucoup d’argent à l’Etat.

Pour accomplir cette tâche, a-t-il indiqué, ces magistrats devront se spécialiser, à travers des formations spécifiques. Le Pr Nyabirungu propose, concrètement, la nomination d’un procureur général financier près la Cour de cassation, des procureurs généraux financiers près les Cours d’Appel et des procureurs financiers près les tribunaux de grande instance.

Il a soutenu que le fait de placer à tous les niveaux des magistrats qui s’occupent uniquement des crimes liés à la corruption et au blanchiment d’argent permettra à l’Etat congolais de récupérer des sommes importantes qui contribueront au développement du pays.

Me Georges Kapiamba, président de l’ONG « Association Congolaise pour l’Accès à la Justice » (ACAJ), le Pr Sita Akele de la faculté de droit de l’Université de Kinshasa et l’avocat général de la République Pierre Shindano sont aussi intervenus pour donner leurs visions d’un système judicaire efficace et efficient capable de combattre la corruption.

La ministre de la Fonction publique, Yollande Ebongo Bosongo a, à cette occasion,  déclaré  que cette journée a servi de base à toutes les parties prenantes  dans la lutte contre la corruption pour réfléchir et échanger sur le rôle du système judiciaire de la RDC dans cette lutte.

Les réflexions issues de cet échange, a-t-elle dit, faciliteront l’identification des défis et des principes afin de dégager de bonnes pratiques qu’un système judiciaire efficace et efficient apporte dans la lutte contre la corruption.

« Les leçons ainsi tirées pourront nous aider à élaborer des stratégies efficaces pour une collaboration plus étroite entre les institutions, à savoir le secteur public, le secteur privé, les Organisations Non Gouvernementales (ONG), les médias ainsi que le public », a encore déclaré la ministre Ebongo.

Le Directeur Général de l’Observatoire de Surveillance de la Corruption et de l’Ethique Professionnelle (OSCEP), le Pr Saint Augustin Mwendambali a, quant à lui, salué, d’une manière particulière, l’implication du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans la lutte contre la corruption.

Selon le DG de l’OSCEP, le Chef de l’Etat a réalisé 70% des actions qu’il avait déclinées dans son discours prononcé le 11 juillet 2019 à Kinshasa lors de la commémoration de la 1ère  édition de la Journée africaine de lutte contre la corruption.

Le Président de la République avait promis que la lutte contre la corruption en RDC partira de la répression vers la prévention et cela s’est concrétisé à travers des procès de certaines autorités du pays qui ont été condamnées notamment pour détournement des deniers publics et corruption, a affirmé le DG de l’OSCEP. Le Pr Mwendambali a soutenu que « seule la rigueur dans la Justice et non la complaisance dans le jugement peut  permettre de bâtir un Congo puissant au cœur de l’Afrique ».

ACP/FNG/Kayu/Fmb/Nig/NKV