Le gouvernement invité à s’impliquer dans l’élaboration de la  stratégie de départ progressif de la MONUSCO

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Kinshasa, 19 juillet 2020 (ACP).- Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a invité le gouvernement à s’impliquer davantage dans l’élaboration de la  stratégie de transition et de sortie progressive de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) de la RDC, dans sa communication au cours de la 40ème réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée vendredi, par vidéoconférence, à Kinshasa.

Selon le ministre D’État, ministre de la Communication et Médias,  David-Jolino Diwampovesa-Makelele  Ma-Mu Zingi, qui l’a indiqué dans son compte-rendu remis samedi, à l’ACP, le Chef de l’Etat a souligné que la priorité devra être accordée aux régions dans lesquelles la MONUSCO entamera sa transition et son retrait, à savoir le Grand Kasaï.

Pour le Chef de l’Etat, la réduction du niveau de déploiement et de la zone d’opérations de la MONUSCO devra se faire en concentrant la présence militaire de la Mission dans les régions les plus affectées par des niveaux d’insécurité élevés et persistants, tout en s’orientant vers une présence policière et civile des Nations Unies dans des régions plus stables, avant de réduire les opérations de la MONUSCO dans ces zones.

Aussi, le Conseil de sécurité a demandé que le gouvernement de la RDC et la MONUSCO s’engagent dans un dialogue approfondi sur l’élaboration d’une stratégie commune de transition qui sera présentée au siège des Nations Unies en septembre prochain, pour être proposée au Conseil de sécurité en octobre, avant le prochain renouvellement du mandat de la Mission en décembre 2020.

Le Conseil a, par ailleurs, demandé que cette transition et cette sortie soient menées de manière à faciliter les progrès vers une paix et un développement durables et inclusifs, à s’attaquer aux causes profondes des conflits et à réduire la menace que représentent les groupes armés nationaux et étrangers à un niveau susceptible d’être géré par les forces de sécurité de la RDC, en mettant particulièrement l’accent sur la réduction de cette menace pour les civils.

La résolution 2502 du Conseil de sécurité des Nations Unies (19 décembre 2019), rappelle-t-on,  avait renouvelé le mandat de la MONUSCO pour un an et avait chargé la Mission de contribuer à la protection des civils et à l’appui à la stabilisation et au renforcement des institutions de l’État ainsi qu’aux réformes clés en matière de gouvernance et de sécurité en RDC.

La Résolution avait mis l’accent sur la nécessité d’une transition progressive et d’une sortie responsable de la MONUSCO en insistant sur le fait qu’une telle transition devrait se faire par un transfert progressif des tâches de la Mission onusienne au gouvernement de la RDC, en coordination avec l’équipe pays des Nations Unies et les autres parties prenantes et partenaires concernés.

Dans cette communication, le Chef de l’Etat a également parlé de la nécessité pour l’Inspection générale des Finances de veiller au contrôle des exonérations et des compensations,  de sa visite en République du Congo et du décès du grand boxeur congolais Tshikuna.

Renforcement de contrôle des exonérations et compensations accordées à ce jour

L’Inspection Générale des Finances dont les nouveaux animateurs viennent d’être désignés, a été instruite de renforcer le contrôle de toutes les exonérations et compensations accordées à ce jour, et qui par ce fait amenuisent les montants des recettes récoltées pour le compte du Trésor Public.

Etant donné que les compensations sont interdites dans la loi des Finances 2020, le Premier Ministre a été chargé de veiller à l’application stricte de cette disposition.

En effet, la crise entraînée par la pandémie de COVID-19, oblige l’Etat à faire face à des multiples dépenses pour assurer la stabilité socio-économique du pays, mais aussi à garantir la résilience de notre économie au travers d’un soutien public aux investissements.

Pour ce faire, l’Etat doit s’assurer de la mobilisation accrue des recettes publiques dans toutes ses composantes, par le canal de ses Régies financières et des Services d’assiette.

Pour  l’intégration des travaux du Port en eaux profondes de Banana dans le  projet Pont-Route-Rail entre Kinshasa et Brazzaville

Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a exprimé la nécessité d’intégrer les travaux du Port en eaux profondes de Banana dans le  projet Pont-Route-Rail entre Kinshasa et Brazzaville, au cours des entretiens qu’il a eus avec son homologue Sassou Nguesso, lors d’une visite qu’il a effectuée jeudi et vendredi à Brazzaville.

A cette occasion, le Chef de l’Etat a pu souligner l’innovation apportée dans le sens de la prise en compte obligatoire de la réalisation du Port en eaux profondes de BANANA.

En clair, les candidats qui seront retenus pour la réalisation du projet Pont-Route-Rail avec son volet de voie ferrée vers Ilebo, devront impérativement intégrer les travaux du Port en eaux profondes de Banana qui devraient s’exécuter concomitamment.

Les deux Présidents ont également parlé de la paix dans la sous-région, en particulier sur le conflit frontalier opposant la RDC à la Zambie ainsi que de  la situation humanitaire des Congolais  actuellement réfugiés au Congo/Brazzaville et qui doivent rentrer chez eux à Yumbi.

Ils ont aussi abordé les questions ayant trait aux relations bilatérales, en mettant un accent particulier sur la sécurité et les échanges économiques entre les deux Congo et cela pour faire face aux nouveaux enjeux créés par la Covid-19.

Hommages mérités au Boxeur Tshikuna

Le Chef de l’Etat qui a été informé du décès en France du Boxeur Tshikuna, a demandé au gouvernement, et en particulier au ministre des Sports, de lui rendre les hommages mérités et d’assister sa famille à l’occasion de ses obsèques. 

Le boxeur Tshikuna  dont la dépouille est arrivée à Kinshasa,  fût l’un des grands sportifs de la RDC.

Tenue en août 2020 d’une rencontre entre la RDC et l’Angola

Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières a dans intervention, annoncé la tenue en août prochain d’une rencontre entre les autorités de la RDC et de l’Angola pour notamment examiné la question des retours volontaires et des expulsions des Congolais de l’Angola pour cause de séjour irrégulier.

Tout en indiquant que ces retours volontaires et  expulsions des Congolais de l’Angola se poursuivent, il a toutefois signalé qu’il y a  une lueur d’espoir après une  séance de travail par visioconférence qu’il a eue avec son collègue de l’Angola à ce sujet.

Il a , en outre indiqué que les forces loyalistes engagées dans la traque de différents groupes armés dans la partie Nord-est du pays poursuivent leurs opérations de traque contre les miliciens « Lendu-CODECO » dans l’Ituri, et ADF/MTM dans le Nord-Kivu.

A propos des comportements de chasse des ressortissants « non-originaires », observés  principalement dans les espaces Grand Katanga, Grand Equateur et Grand Bandundu, il a souligné que le gouvernement a mis  en garde les initiateurs de ces comportements.

Il a, à cette même occasion, signalé que le gouvernement a condamné les manifestations et les violences qui  ont accompagnées les marches de protestation de l’UDPS et de LAMUKA contre les propositions de lois Minaku-Sakata » et  l’entérinement de la candidature de Ronsard Malonda au poste de président de la CENI par l’Assemblée Nationale et il a , à ce propos, promis de faire traduire en Justice les auteurs et les commanditaires de ces actes.

Calme relatif sur toute l’étendue du territoire national

Dans son exposé, le ministre Délégué auprès du ministre de la Défense nationale et anciens combattants chargé des anciens combattants, complétant le ministre de l’Intérieur, Sécuritaire et Affaires Coutumières, a confirmé que le calme relatif règne sur l’ensemble du territoire national, en dépit des actions des miliciens et groupes armés menées dans l’Est de la République.

Toutefois, les FARDC sont déterminées à les traquer. A cet effet, les FARDC ont été mis en déroute des rebelles centrafricains « ANTI-BALAKA » en territoire de Mobayi Mbongo dans le Nord-Ubangi  et  elles ont renforcé leurs patrouilles de combat en groupement Bambuba-Kisiki, dans le Nord-Kivu, devenu l’une des nouvelles cibles des djihadistes ougandais.

Les FARDC sont également déterminées à mettre fin à l’activisme des groupes armés Ngumino, Twirwaneho et Androïd, à Mwenga, Fizi et Uvira, dans le Sud-Kivu.

Il a également fait savoir que plusieurs cas de redditions sont signalés dans les rangs des ADF/MTM, suite à la pression des FARDC. Une reddition d’une soixantaine de miliciens Mai-Mai a été constatée à Kashunguti dans le territoire de Kalehe, a-t-il ajouté.

Nécessité de la levée progressive de l’état d’urgence  entre le 21 juillet et le 7 septembre 2020

Dans son intervention, le Coordonnateur du Secrétariat Technique de la Riposte contre la COVID-19 a fait savoir que la période à prendre en compte pour l’application totale de la mesure de levée progressive de l’Etat d’urgence, doit aller du 21 juillet au 07 septembre 2020.

Pour lui, ce temps devrait permettre aux responsables des secteurs concernés d’apporter les plans d’exécution progressive des mesures et de faire une grande conscientisation dans leurs secteurs.

Le principe de la levée progressive de l’état d’urgence, a-t-il encore souligné,  trouve sa justification à travers la prise en compte de la nature désormais endémique de la COVID-19, la difficulté d’une nouvelle prorogation de l’Etat d’urgence par le Parlement, la prise en compte de la reprise des activités dans le monde et la nécessité de la relance des activités.

Il a également exprimé la nécessité de faire accompagner la levée de l’état d’urgence des dispositifs contraignants et coercitifs afin de faire observer les gestes-barrières et sanitaires appropriés, en particulier, le port obligatoire des masques.

Pour lui, le respect des gestes-barrières reste une condition essentielle de la réussite du déconfinement progressif consécutif à la levée de l’Etat d’urgence. Autrement, il pourrait être envisagé le re-confinement, à l’instar de ce qui s’est passé en Afrique en particulier à Madagascar, au Maroc et en Algérie.

« L’arsenal juridique y relatif sera connu dans les jours qui viennent », a-t-il affirmé.

Parlant de l’évolution de la situation de la pandémie de COVID-19, le vice-ministre de la Santé a indiqué que du 10 mars au 14 juillet 2020, le cumul des cas   est de  8.163. On a enregistré 192 décès ; 3.983 guérisons.

On a noté 6.873 cas à Kinshasa, 351 cas Kongo-Central,     276 cas au Sud-Kivu, 260 cas dans le Haut-Katanga, 193 cas au Nord-Kivu  et  72 cas au Lualaba.    

Il a, à cette même occasion, annoncé le début de l’audit, par l’Inspection Générale des Finances, des fonds, dons et biens alloués dans le cadre de la riposte contre la COVID-19 auprès du Comité Multisectoriel de riposte et du Secrétariat Technique.

Quant à la situation épidémiologique au 12 juillet 2020, concernant la maladie à Virus Ebola à Mbandaka, le  cumul des cas   est de 49, tandis qu’on a dénombré 20 décès  et 11 guéris ou survivants.

L’épidémie d’Ebola s’est répandue dans 6 territoires, à savoir :  Bikoro  :   16 cas, Bolomba :   09 cas, Iboko   :   04 cas, Mbandaka  :   12 cas, Wangata  :   02 cas et Lotumbe  :   02 cas.

 10.916 personnes ont été vaccinées  du 05 juin 2020 au 12 juillet 2020.

11.187 Congolais de Yumbi sont réfugiés au Congo/ Brazzaville

Le ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères a , pour sa part indiqué que 11.187 Congolais déplacés de Yumbi sont réfugiés en République du Congo, suite à un conflit foncier survenu dans la province de Mai-ndombe en décembre 2018, entre les populations Banunu et Batende.

Le ministre a , à cet effet, demandé au gouvernement d’exécuter  ses engagements préalables au retour des populations réfugiées dans ce pays voisin.

Il sied de rappeler qu’à l’occasion d’une réunion tripartite tenue en juin 2019 entre les parties République Démocratique du Congo, le Haut-commissariat aux Réfugiés et la République du Congo, il avait été décidé de rapatrier volontairement en RDC les réfugiés,  de réhabiliter  des infrastructures de base d’accueil pour les rapatriés, de réconcilier les deux communautés, etc.

Approbation du projet de relance de la Cimenterie Nationale « CINAT SA »

Le Conseil a approuvé le projet de relance de la Cimenterie Nationale « CINAT SA » qui est à l’arrêt depuis 2011.

Le ministre de l’Industrie qui a fait l’état des lieux de cette société, a fait savoir que cette Société d’économie mixte, à caractère industriel et commercial et dans laquelle l’Etat congolais y détient 91,7% des parts,  a connu de difficultés de tous ordres (administratifs, juridiques, techniques, fonciers,…).

Le total de son endettement est de ± 64.267.078,73 $USD hors la situation de son partenariat avec CODER, une société privée détenant 40% des parts de la société.

En vue de la relance de la production de cette société, le ministre a fait des propositions, allant du recrutement d’un cabinet d’audit devant faire l’état des lieux et dégager la valeur de l’Usine, en passant par celles de la réhabilitation partielle ou totale de l’Usine.

Le coût y relatif est estimé à $ USD 81.840. Le ministre de l’Industrie a sollicité le décaissement de cette somme et l’octroi des exonérations pour les intrants et pièces de rechange.

Créée en 1970, l’Usine a son  siège d’exploitation à Kimpese  au Kongo-Central tandis que le siège social se trouve à Kinshasa. Sa capacité de production est de ± 1.000 tonnes de ciment par jour, soit 20.400 sacs de ciment de 50kgs par jour.

Le Conseil décide de décaisser CDF 2.934.166.618 pour la relance des activités du tourisme

Le Conseil des ministres a adopté le plan de reprise des activités touristiques en faisant respecter les mesures-barrières, de même que le budget proposé à cet effet par le ministre de tutelle, évalué à CDF 2.934.166.618.

Le ministre a sollicité du Conseil des Ministres la reprise graduelle des activités touristiques ainsi que le financement nécessaire du projet à la hauteur sus-indiquée.

Selon lui, le tourisme est l’un des secteurs les plus touchés avec la survenance de la COVID-19, dans la mesure où près de 90% des établissements ont été fermés.

En vue de relancer ce secteur porteur de croissance, le ministre a retenu quelques mesures, dont un Plan de Relance et de Redressement du Secteur du Tourisme Post COVID-19, reparti en 4 (quatre) axes majeurs dont le financement et la mise en œuvre constitueraient le redécollage des activités du Tourisme. ACP/Fng/CL/nig