Des officiels burundais arrêtés pour avoir rançonné des travailleurs saisonniers

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Kinshasa, 21 juillet 2020 (ACP).- Dans la commune de Kayogoro de la province de Makamba, au sud-est du Burundi, le chef du parti au pouvoir et le responsable de la ligue des jeunes de la colline de Mayange ont été arrêtés pour s’être permis de rançonner des travailleurs  saisonniers, a annoncé mardi le porte parole de la police Pierre Nkurikiye relayé par la presse internationale.

A en croire cette source, ces « rançonneurs » rejoignent ainsi dans les cachots de la police de Makamba  12 complices ayant été appréhendés. Ils ont rejoint dans les cachots de la police de Makamba, 12 autres complices, dont 3 responsables administratifs et d’autres Imbonerakure, arrêtés trois jours plus tôt pour avoir rançonné depuis des mois, des travailleurs saisonniers qui rentraient clandestinement de Tanzanie.

Ce groupe était dirigé par 3 responsables administratifs locaux, dont le chef de zone Bigina frontalière avec la Tanzanie, le secrétaire du parti CNDD-FDD local ainsi que des Imbonerakure du coin, membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir. Ils s’étaient spécialisés dans le rançonnage des travailleurs saisonniers burundais qui rentraient clandestinement de Tanzanie, en agissant sous le couvert des «Comités mixtes de sécurité», selon des témoignages sur place.

Ce sont des groupes créés officiellement pour assurer la sécurité sur chaque colline du Burundi, qui sont censés être constitués des représentants de l’administration, des forces de l’ordre, de la justice ainsi que de la population, presque toujours des Imbonerakure en réalité.

Chargés de surveiller tous les passages clandestins qui mènent en Tanzanie, leur trafic était devenu plus juteux depuis la fermeture des frontière début mars en raison de la pandémie de la Covid-19. Ces travailleurs étaient désormais obligés de payer jusqu’à 20 fois le prix habituel pour leur passage,  se faisant parfois dépouiller de tous leurs biens. La police du Burundi soupçonne d’ailleurs ces « criminels »  comme elle les qualifie  d’en avoir éliminé un certain nombre.

Le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, a expliqué à la presse que leur arrestation était une conséquence de la politique de tolérance zéro pour les brebis galeuses au sein de l’administration, initiée par le nouveau ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique. Pour le moment, le commissaire communal de police et un de ses adjoints qui couvraient ces criminels ont été mutés. ACP/Kayu/May/GGK/Thd