Nécessité d’une politique macroéconomique visant à atténuer l’impact économique de la COVID-19 en RDC, selon la Pr. Dédé Aliango

0
695

Kinshasa, 23 juillet 2020 (ACP).- Mme Dédé Aliango Marachto, professeure  d’économie à l’Université protestante au Congo (UPC) à Kinshasa, recommande au gouvernement  de mettre en place une politique macroéconomique visant à atténuer l’impact économique de la pandémie de la COVID-19, dans un article publié  dans la revue internationale «Annales africaines de médecine».

Dans cette réflexion intitulée : «Impact économique de la pandémie à COVID-19 dans les pays à ressources limitées : le cas de l’Afrique subsaharienne», la Pr Dédé Aliango évoque la nécessité pour ces Etats, à l’instar de la RDC, d’élaborer une politique macroéconomique tenant compte des réalités de leurs milieux respectifs, parmi les pistes de solution envisageables et prioritaires, susceptibles de répondre efficacement à cette crise sanitaire mondiale.

Selon elle, les pays à ressources limitées, notamment ceux de l’Afrique subsaharienne (ASS), sont beaucoup plus touchés par la crise à cause notamment de leur fragilité antérieure, caractérisée par une carence en ressources (minières, agricoles, financières, etc.), une économie vulnérable, généralement extravertie fondée sur l’exportation des produits primaires et l’importation des produits manufacturiers.

Il en est de même du niveau de pauvreté de la population dont les revenus faibles ne permettent pas d’investir ou d’épargner, ainsi qu’une forte présence du secteur informel, ajoute-t-elle, soulignant que toutes les mesures prises par les gouvernements  pour endiguer la pandémie, dont le confinement, ont affecté négativement la santé économique de leurs pays. «La crise sanitaire a principalement créé un ralentissement généralisé des activités économiques qui se manifeste entre autres, par la baisse de dépenses de consommation privée, de production, de transport, des perturbations dans la chaine d’approvisionnement, etc. », relève l’auteure, la  Pr Dédé Aliango.

De ce fait, elle recommande que la politique macroéconomique à envisager soit en mesure de limiter les pertes et distorsions découlant de ce choc dans l’offre et la demande, de soutenir les entreprises et les ménages ainsi que de renouer avec la croissance de la production dès que la pandémie se résorbera.

Préserver la stabilité financière et planifier des stratégies nationales et régionales

Par ailleurs, tout en saluant  les plans de riposte multisectoriel actuellement mis en place par de nombreux Etats, comme  celui lancé récemment par le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour la RDC, la Pr. Dédé Aliango recommande également à ces derniers, d’appuyer les différents secteurs d’activités économiques, en injectant suffisamment des ressources, en vue de soutenir l’économie. D’où le besoin pour eux d’améliorer leur accès auxdites ressources (réserves, emprunts, etc.), soutient-t-elle.

Ils devraient aussi préserver la stabilité financière tout en assurant une offre de crédit et de liquidité suffisante au secteur financier, qui n’exclut pas  l’idée de solliciter un soutien des bailleurs de fonds et autres institutions internationales, déclare-t-elle.

Il importe également que les pays à ressources limitées de l’Afrique subsaharienne travaillent en  mettant en place des stratégies nationales et même régionales leur permettant  de faire face aux chocs extérieurs, vu l’état de leur économie, extravertie et obligeant une totale dépendance aux financements extérieurs.

Experte en finance inclusive et développement, Dédé Aliango Marachto est détentrice d’un master en Economie et d’un doctorat en Sciences politiques et sociales de l’Université catholique de Louvain en Belgique. Elle est aussi directrice du Centre de recherche interdisciplinaire en développement (CRIDESS). ACP/ZNG/ODM/Fmb/Awa