Découverte d’une nouvelle espèce de lémurien par le GERP

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Kinshasa, 30 Juillet 2020 (ACP).- Le groupe de recherches sur les primates (GERP) à découvert après 10 ans d’enquêtes et de vérification une nouvelle espèce de lémurien dans l’Est de Madagascar, indique un communiqué de ce groupe parvenu jeudi à l’ACP.

Selon ce communiqué, ce lémurien a des grands yeux globuleux, son pelage gris sur le dos, jaunâtre sur le ventre, et a aussi une  petite boule de poil de 60 grammes à peine ressemble aux 24 autres espèces de microcèbes présentes sur l’île. Sa différence avec les autres se trouve dans les gènes.

Cette espèce de  lémurien est l’un des plus petits au monde, il porte le nom du primatologue Jonah Ratsimbazafy  « Microcebus Jonahi », ou « Microcèbe de Jonah », en français. « De ma vie, c’est le plus beau cadeau que les chercheurs m’ont donné d’avoir un lémurien portant mon nom. Je suis très content, hyper fier. Et j’espère que la fierté est aussi ressentie par les amoureux des lémuriens, les protecteurs des lémuriens et tous les Malgaches », s’est félicité le primatologue Jonah Ratsimbazafy.

«Parce que c’est une recherche scientifique, on ne peut pas se contenter d’un ou de 2 spécimens. Il faut collecter beaucoup de spécimens, collecter les données, faire des prélèvements de tissus, de sang», poursuit le Pr primatologue jonah Ratsimbazafy.

«On a donc introduit une étude phylogénétique en plus de l’étude génétique, pour comprendre l’origine et en savoir plus sur les ancêtres de ce lémurien. Et cette étude phylogénétique a permis de démontrer que la nouvelle espèce Microcebus Jonahi est une espèce totalement à part entière», note le Pr Jonah Ratsimbazafy.

Une nouvelle espèce, mais déjà en danger explique le primatologue

 «Heureusement qu’on a trouvé l’espèce dans un parc national. C’est une bonne nouvelle mais cela ne veut pas dire que l’espèce est protégée. Là où on  l’a trouvé, ce n’est pas une belle forêt. C’est une forêt très dégradée. Une forêt de longoza, qui n’est pas vraiment l’habitat idéal des lémuriens. Aux alentours, il y a des installations humaines», a indiqué le Pr Jonah Ratsimbazafy.

A quoi bon découvrir une nouvelle espèce aujourd’hui et demain l’espèce disparaîtra ? Il faut continuer la recherche. « Ça nous a permis de découvrir qu’il y a un trésor. Mais c’est un trésor déjà en danger. Donc la prochaine étape c’est de renforcer la sensibilisation, la conservation avec la population locale », s’inquiète le primatologue Jonah Ratsimbazafy.

Selon  la revue scientifique américain journal of primatology, ce lémurien est la 112ème espèce découverte sur la Grande Île. Il a été observé pour la première fois par l’équipe de chercheurs du GERP, le Groupe d’études et de recherches sur les primates dirigé par professeur Jonah Ratsimbazafy en 2009.

C’était lors d’une mission sur terrain, dans le parc national de Mananara Nord, sur la côte Nord-Est de Madagascar, près du Cap Masoala. L’équipe étudiait alors un cousin du Microcèbe Jonah, le Microcèbe Macarthurii. Mais prouver scientifiquement qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce de lémuriens a pris plus de dix ans.

D’après la dernière liste rouge publiée en juillet 2020 par l’Union internationale de conservation de la Nature, 103 des 112 espèces de lémuriens sont menacées, « principalement en raison de la déforestation et de la chasse », et 33 d’entre eux sont en danger critique, dernière catégorie avant l’extinction. ACP/Kayu/ODM/AWA/NKV