Le gouvernement exclue tout recours à la planche à billets dans le PTR du second semestre 2020

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Kinshasa, 06 Août 2020 (ACP).- Le gouvernement, à travers le ministère des Finances, exclue tout recours au financement monétaire à la planche à billets dans le Plan de trésorerie (PTR) du second semestre 2020 publié mardi,  afin de contenir la volatilité du taux de change et le niveau général des prix intérieurs, indique un document dudit ministère dont une copie est parvenue jeudi à l’ACP.

Selon le document, le financement monétaire n’est rien d’autre que le recours à la planche à billets pour financer le déficit budgétaire du gouvernement central. Cette pratique est proscrite par la loi organique et de fonctionnement de la Banque centrale du Congo.

Aussi, poursuit la source, le Fonds monétaire international (FMI), dans le programme de référence conclu avec la République  démocratique du Congo (RDC) en  octobre 2019, a déconseillé le gouvernement de recourir aux avances monétaires de la BCC.

La même source indique que la planche à billets est la principale cause de la dépréciation du franc congolais que connait le pays depuis le début de l’année 2020 en cours, et que c’est depuis le mois de mai que l’exécutif central a renoncé aux avances monétaires de la BCC, dans l’optique de pallier à l’expansion monétaire qui cause la dépréciation de la monnaie nationale sur le marché.

Pour rappel, l’Institut d’émission affirme que la  monnaie nationale a perdu 15% de sa valeur depuis le début de l’année 2020 contre seulement 2,4% durant toute l’année 2019.

Depuis le week-end dernier, il s’observe une spéculation dans le sens de l’appréciation du franc congolais par rapport à la devise américaine sur le marché de Kinshasa. Alors que la monnaie nationale se changeait jusqu’à 2.030 (deux mille trente) FC le dollar la semaine passée, elle se négocie actuellement autour de 1.700 (mille sept cents) et 1.900 (mille neuf cents) FC le dollar ces jours.

La BCC soutient que c’est le résultat des mesures mises en œuvre pour stabiliser le taux de change. Pour certains observateurs indépendants, il s’agit juste d’une spéculation étant donné que les prix des biens et services, souvent indexés au dollar, n’ont pas baissé proportionnellement. ACP/ODM/Awa