Haut Katanga : organisation à Lubumbashi d’un débat autour de la dot en RDC 

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Lubumbashi, 07 Août 2020 (ACP).- La dot est une condition sine qua non du mariage dans les différentes cultures et la loi de la RDC, et ne donne aucunement à l’homme le droit de maltraiter son épouse dans le foyer conjugal.

Cette conclusion a été tirée par les jeunes de Lubumbashi à l’issue d’une conférence-débat « Face aux jeunes » organisé  par la communauté des blogueurs Habari RDC, sous le thème : « la dot contribue-t-elle à la masculinité toxique ? ». Cette conférence-débat a été dirigée par le blogueur Junior Ngandu avec à ses côté trois panélistes.

 Le sociologue, Gaspard Kahenga qui a définit la dot  comme étant est l’ensemble des biens que l’homme donne à la famille de la femme, afin de prendre celle-ci pour épouse, a également souligné que la dot diffère d’une tribu à une autre, et que la célébration du mariage civil et religieux est conditionné par elle.

Le député provincial, élu de Lubumbashi, Thomas Lupata a, quant à lui déploré  le fait que la dot perd de plus en plus de  sa valeur symbolique culturelle, et prenne des allures de fonds de commerce.  Pour lui, certaines familles ne se gênent de fixer la dot à 3.000 ou 4.000 USD en plus de biens en nature que le futur gendre doit donner.

Il a aussi  fustigé  le comportement de certains parents qui  considèrent  la dot comme un  investissement, de sacrifices et dépenses multiples  consentis dans l’éducation de leur fille, et  pour qui la dot constitue une sorte de remboursement que le gendre doit assurer. Dans sa posture de législateur, il a suggéré la fixation de la dot par l’Etat.

La troisième panéliste, la bloggeuse Concilie Kalombo a, quant à elle, relevé que la dot est fixée en fonction de la conjoncture financière de l’homme tout en demeurant pratique et réaliste. Elle a indiqué qu’il est préférable que la dot soit fixée en accord avec les différentes coutumes, la religion et la loi, de sorte qu’elle conserve sa valeur symbolique et sacrée. Pour elle, l’Etat ne doit pas fixer un montant uniforme que chaque famille devra demander pour marier sa fille, vue la grande diversité des us et coutumes en RDC.

Les trois panélistes ont été unanimes  pour reconnaitre que la dot ne contribue pas à la masculinité toxique, si la relation liant le jeune homme et la jeune fille au départ est basée sur l’amour vrai et réciproque. Abolir la dot avant le mariage serait renier les cultures qui identifient chaque peuple de la RDC, ont-ils renchéri.

Les jeunes de Lubumbashi ayant participé à ce débat, ont salué le choix du thème qui touche un problème réel de la vie sociale et ont demandé à ce que les organisateurs fassent aussi participer les parents à ce débat, à le téléviser pour toucher un grand public afin de stopper les allures  mercantiles que prend la dot en RDC. ACP/FNG/NIG/JFM/Thd