La production et la rigueur dans les dépenses publiques font la stabilité d’une monnaie, selon un expert  

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Kinshasa, 11 Aout 2020 (ACP).- L’interdiction d’afficher les cours de change acheteur et vendeur à l’extérieur des bureaux de change, ne va nullement pas résoudre le problème de la dépréciation du franc congolais (FC) qui, souvent, est liée à la rareté du dollar américain (USD) sur le marché de change, a indiqué mardi à l’ACP au cours d’un entretien, un expert monétaire qui a requis l’anonymat.

Selon lui, même si les bureaux de change et les cambistes arrivaient à respecter la mesure récemment prise par l’autorité monétaire de n’afficher les cours de change qu’à l’intérieur de leurs bureaux, la loi de l’offre et  de la demande  continuera à s’appliquer sur le marché.

«Cette mesure qui vient d’une proposition  faite à la Banque centrale du Congo (BCC) par la confédération des cambistes de la RDC (COCAM), à l’issue d’une réunion  tenue  le week-end dernier,  dans l’objectif  de lutter contre les spéculations sur le FC qui ne cesse de se déprécier face au dollar, en considérant que l’affichage extérieur des cours de change est un élément accélérateur de la spéculation et de l’agitation sur le marché, ne pourra pas résoudre la question de la dépréciation du FC», a soutenu l’expert monétaire.

Pour lui, la stabilité d’une monnaie est soutenue par la production et la rigueur dans les dépenses publiques, bref la bonne gouvernance. C’est qui est loin d’être le cas pour le moment, surtout en cette période où le pays et son économie est frappé les effets liés à la pandémie de la covid-19

Quant aux changeurs de monnaies appelés communément «Cambistes» contactés le même jour par l’ACP, ils se disent non concernés par les accusations portées contre eux, selon lesquelles, ils sont à la base de la spéculation du taux de change sur le marché de Kinshasa.

«Comment comprendre que malgré le blocage des sorties de fonds, le taux sur le marché ne baissent pas. C’est une fuite de responsabilité de la part des autorités et une irresponsabilité de certains grands opérateurs économiques qui tirent les ficelles, et qui sont à la base de la dépréciation continu de la monnaie nationale», ont-ils conclu. ACP/AWA