La covid-19 a impacté négativement les activités des femmes, selon une enquête

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Kinshasa, 13 août 2020 (ACP).- La pandémie liée au coronavirus a impacté  négativement les activités génératrices des revenus (AGR) des femmes qui ont eu  maille à assurer leur autonomie et la survie de leurs ménages pendant la période de confinement, révèle une enquête réalisée jeudi  par l’ACP.

Selon l’enquête, des vendeuses à la criée des pains, des légumes et des fruits et des tenancières des restaurants de fortune (malewa)  ont éprouvé d’énormes difficultés pour écouler leurs produits du fait du rétrécissement du pouvoir d’achat, engendré par la crise économico financière qui a frappé de potentiels clients. Elles ont  dit, à l’ACP avoir reconnu à leur capital, pour se relancer, après la levée de l’Etat d’urgence sanitaire avant de solliciter un appui du gouvernement.

Mme Marie Jeanne Masonga, d’une trentaine révolue, habitante dans la commune de N’djili, vendeuse des pains a déclaré que depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence,  son commerce a réellement connu une  baisse remarquable. «Avant le confinement, je pouvais faire 3 à 4 tours à la boulangerie pour m’approvisionner par jour mais pendant le confinement, j’écoulais difficilement deux bassins», a-t-elle dit, avant d’ajouter que pour se relancer, elle a pu s’octroyer un crédit à la banque locale car c’est ce commerce qui lui permet faire vivre sa famille, elle qui est veuve depuis 2018.

Elle demande au gouvernement de mettre tout en œuvre pour éviter non seulement la propagation de cette pandémie en amenant la population au respect des gestes barrières mais aussi de venir en aide financièrement aux entrepreneurs des micro unités de production  pour la continuité de leurs activités comme l’ont fait certains gouvernements.

Je n’ai jamais connu une crise pareille, affirme une tenancière d’un malewa

Pour sa part,  Mme Néné Wawa, âgée de trente ans, mariée, mère de 3 enfants et tenancière d’un restaurant d’un malewa situé au quartier Mombele dans la commune de Limete a souligné : «Depuis l’apparition de la Covid-19, la situation est désastreuse.  Je tiens mon restaurant depuis 10 ans, je n’ai jamais connu cela. Pour moi, c’est la fin du monde. Pendant le confinement, j’ai constaté une baisse drastique de mes activités».

Elle a expliqué : «Avec une rame de Mpiodi (chinchard), je pouvais vendre jusqu’à 16 h, voire 17 h et terminer  ma journée avec un bon bénéfice, mais depuis l’annonce des mesures arrêtées par le chef de l’Etat, tout est paralysé».

Pour elle, «le confinement est venu nous tuer dans cette ville car tout est par terre». Et elle poursuit : «Nous sommes obligés  de partager une rame de poisson chinchard entre 2 personnes. Avant, j’arrivais à préparer 4 Kg de farine de maïs, 3 Kg de manioc et 5 bols  de haricot. Actuellement, c’est chose impossible». Nene  pense que le gouvernement devrait lever les mesures  barrières pour que  la vie reprenne à la normale.

Le confinement m’a mise à genoux, soutient une vendeuse des fruits

Mme Ornella Mwanda 35 ans révolue, habitant la commune de Ngaba avance que le confinement l’a mise à genoux car habituée à vendre des bananes en ville, elle n’a pas pu entrer au centre ville. En conséquence, elle est restée bloquée pendant toute la période. Elle ne s’est contentée que vendre devant la parcelle n’ayant pas trouvé une espace au marché local. «J’ai relancé mes activités grâce à  un prêt obtenu  d’un microcrédit à rembourser mensuellement». Elle plaide pour la reprise totale des activités afin de retrouver ses nombreux  clients et subvenir aux besoins familiaux.

La vente a été timide à cause du faible pouvoir d’achat de la population, selon une vendeuse des légumes

A en croire Mme Zozo BIdilu,  vendeuse des légumes au marché Triangle  dans la commune de Lemba, la vente a été timide à cause du faible pouvoir d’achat de la population. Elle fait savoir qu’en période normale, elle sortait avec plus de 40.000 FC par jour, après la vente à la criée dans les avenues. Cependant en période de confinement la vente lui rapportait difficilement 20.000 FC.

Elle justifie la situation par la réduction du nombre  et de la quantité des repas. «Tout a été réduit au minimum car il fallait faire des calculs avant toute dépense. En effet, personne ne savait ce que serait le lendemain», a-t-elle soutenu.

M zozo plaide auprès des autorités compétentes pour  mettre sur pied une politique pour appuyer les petits vendeurs dont les moyens sont limités. ACP/ODM/Fmb/NKV