Des milliers de manifestants réclament une accélération de la transition au Soudan

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Kinshasa, 18 août 2020 (ACP).- Quelque 3.000 personnes ont défilé lundi, réclamant notamment justice et paix, dans les rues de Khartoum pour marquer leur déception un an après la signature de l’accord de transition entre l’armée soudanaise et les contestataires après la chute du président Omar el-Béchir, ont indiqué mardi des agences internationales de presse. Ces sources indiquent des affrontements ont éclaté en fin de rassemblement quand un conseiller du Premier ministre Abdallah Hamdok est sorti récupérer une lettre rédigée par les manifestants, qui réclamaient que le chef du gouvernement se présente lui-même.

La police a tiré des grenades lacrymogènes tandis que des manifestants, en majorité des jeunes, ont brûlé des pneus avant de se disperser, ont précisé ces mêmes sources. Le Conseil militaire à la tête du Soudan et les meneurs de la contestation ont signé le 17 août 2019 une « déclaration constitutionnelle » finalisant un accord historique pour un transfert progressif du pouvoir aux civils, après des mois de protestations populaires. Arborant des drapeaux soudanais et des banderoles sur lesquelles ils réclamaient « Justice, Justice », « Paix, Paix », « Réforme du système sécuritaire » ou encore « Mise en place d’un pouvoir civil », les manifestants ont marché au son des tambours jusqu’au siège du gouvernement, au cœur de la capitale soudanaise, à l’appel du Comité de lutte des résidents », une des composantes ayant mené la contestation anti-Béchir.

La plupart ont fait part de leur frustration liée à la lenteur dans la réalisation des objectifs de cette période transitoire un an après la signature de l’accord. « Je suis ici pour protester car nous voulons voir accomplis les objectifs de notre révolution », a affirmé Sawsan Mohammad, une employée de 22 ans. Par  ailleurs, le texte prévoit des élections en 2022 pour prendre le relais d’un Conseil législatif, qui n’a toujours pas été mis en place, ainsi que l’aboutissement des négociations de paix avec les mouvements rebelles dans l’ouest et dans le sud du pays et le redressement de l’économie exsangue.

Les manifestants ont réclamé en outre que justice soit faite pour les quelque 250 personnes mortes –selon un comité de médecins proche des protestataires-pendant la mobilisation de 2019. Pour sa part, le Premier ministre soudanais a insisté que l’appareil d’Etat doit être reconstruit et la fonction publique devenir neutre et être modernisée aux services des citoyens.

La signature de l’accord a mis fin à près de huit mois d’un mouvement de contestation inédit qui a mené le 11 avril 2019 à la chute du président Omar el-Béchir. ACP/Fng/Fmb/Thd