Les culturels congolais plaident pour libéralisation de la gestion des droits d’auteur en RDC

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Kinshasa, 16 Septembre 2020 (ACP).- Les participants à la conférence organisée, lundi, à l’Académie  des Beaux-Arts (ABA) par  l’Administration des droits d’auteur du Congo (ADACO), ont plaidé en faveur de la libéralisation de la gestion de ce secteur en RDC, à l’occasion de la célébration de la Journée africaine des droits d’auteur, commémorée le 14 septembre de chaque année.

Dans son adresse, le président du conseil d’administration de l’ADACO, Balufu Kanyinda, a   soutenu que la libéralisation de ce secteur va permettre aux artistes, éditeurs, réalisateurs, journalistes, opérateurs des arts visuels de pouvoir choisir librement une organisation de gestion des droits collectifs.

Placée sous le thème : «Problématique des droits d’auteur en RDC», cette journée de réflexion s’est proposée de réunir toutes les catégories d’acteurs culturels et des professionnels des médias pour échanger sur les obstacles à l’évolution de  ce secteur,  a-t-il ajouté, affirmant que  «La RDC ne fait pas partie de la CISAC et il n’y existe aucune redevance pour les copies privées».

Pour sa part, le recteur de l’Institut facultaire  des sciences de l’information et de la communication (IFASIC), Rigobert Munkeni Lapess, a fait savoir que dans le programme d’étude dans son Institut, il y a un cours lié au droit d’auteur  «Droit de la presse» qui est plus axé sur les genres littéraires et la presse écrite.

En outre, a-t-il ajouté, il est difficile d’enseigner les droits d’auteur en RDC car le secteur n’est pas assez réglementé. À ce sujet, le Pr Madimba Kadima Nzuji a évoqué le problème de la gestion et de la collecte des droits d’auteur en RDC, indiquant que l’avenir des droits d’auteur passera par la digitalisation et une nouvelle législation pour mettre en place une industrie  culturelle permettant l’essor de l’économie du fait que, les droits d’auteur s’étendent à tous les arts de la création.

M. Freddy Mulumba, directeur général adjoint de la RTNC, a, dans son intervention, établi une relation d’interdépendance entre le média et les droits d’auteur, expliquant que les médias peuvent être mis à profit pour la collecte desdits droits.

La multiplication des copies privées met en danger les droits d’auteur en Afrique

D’après M. Sangwa Samuel, directeur Afrique de la Confédération internationale des sociétés des droits d’auteur et compositeur (CISAC), les sociétés des droits d’auteur sont appelées à s’adapter à côté des exploitations traditionnelles. Les défis majeurs à la collecte des droits d’auteur étant la méconnaissance des instruments juridiques par la population, les usagers  et les artistes causant le refus délibéré du paiement de la redevance du droit d’auteur suite à la non application de la loi.

Il a encore indiqué que la plus part de ses sociétés en Afrique sont installés dans les capitales et les restes du pays ne sont pas couverts alors que la gestion des recettes  des droits d’auteur issue du numérique ne fait qu’augmenter. La multiplication des copies privées met en danger les droits d’auteur en Afrique a-t-il conclu.

 La restitution des œuvres d’arts africains, est un projet positif, selon la princesse Marylin Yav

 Lors de son intervention, Mme Marylin Yav, princesse de l’empire Lunda et défenseuse des droits coutumiers, a  plaidé pour  la restitution et le rapatriement  des œuvres d’arts des Africains qui se trouvent à l’étranger, dans le but de garder une pensée aux ancêtres qui ont vécu de moments difficiles et de sensibiliser la population au changement des mentalités vis-à-vis «des œuvres de nos ancêtres», en guise de respect à leur égard.

Selon elle, parmi les premiers œuvres d’arts à restituer aux pays africains sont les têtes des rois africains  décapitées par les blancs  pendant le  temps colonial. Une manière pour les Africains de renforcer leurs  musées, de mieux informer et éduquer les générations présentes et  futures sur base de leurs propres histoires.  ACP/Zng/Fmb/GGK