Les nouvelles sanctions annoncées par les États-Unis contre l’Iran largement rejetées par l’ONU

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Kinshasa, 22 Septembre 2020 (ACP).- Les nouvelles sanctions annoncées lundi par les États-Unis, ciblant des personnes physiques et morales liées aux programmes d’arment nucléaires et conventionnels de l’Iran, une initiative destinée à renforcer l’activation autoproclamée par Washington du mécanisme de « snapback » auprès des Nations unies, ont été rejetées par la majeure partie de la communauté internationale se contentant d’ignorer, ont rapporté mardi les médias étrangers.

Le président Donald Trump a indiqué avoir émis un décret imposant des sanctions et des contrôles d’exportations sur plus de vingt personnes physiques et morales « qui soutiennent les activités nucléaires, de missiles, et d’armes conventionnelles de l’Iran ». « Le décret que je publie aujourd’hui bloque les avoirs, et les intérêts économiques, aux États-Unis de ceux qui contribuent à la fourniture, à la vente ou au transfert d’armes conventionnelles depuis ou vers l’Iran, ainsi que de ceux qui fournissent des formations techniques, des aides financières, des services ou toute autre forme d’assistance pour ces armements« , a déclaré M. Trump dans un communiqué de la Maison Blanche.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a rejeté ces sanctions américaines comme « rien de nouveau », rapportent les médias américains. « Les États-Unis ont exercé toutes les pressions qu’ils pouvaient sur l’Iran. Ils espéraient que ces sanctions mettraient notre population à genoux. Cela n’a pas été le cas », a déclaré M. Zarif lors d’une réunion de cercle de réflexion.

Les États-Unis ont déclaré unilatéralement le 20 août l’application du mécanisme de rétablissement des sanctions après l’échec et l’isolement de sa demande à l’ONU de prolongation de l’embargo sur les armes à l’encontre de Téhéran, embargo qui doit expirer le mois prochain.

Toutefois, une majorité écrasante des membres du Conseil de sécurité a estimé que les États-Unis n’avaient aucun droit d’invoquer le mécanisme de snapback car ils ne font plus parties à l’accord sur le nucléaire iranien dont ils se sont retirés en mai 2018.

Zhang Jun, représentant permanent de la Chine auprès des Nations unies, a écrit dimanche une lettre au président du Conseil de sécurité et secrétaire général de l’ONU exprimant son opposition à l’annonce unilatérale des États-Unis d’une réactivation des sanctions contre l’Iran à dater de samedi dernier..

Le Haut représentant de l’Union européenne aux affaires étrangères et à la politique de sécurité, Josep Borrell, a démenti dimanche l’annonce unilatérale des États-Unis concernant la réactivation des sanctions de l’ONU à l’encontre de l’Iran.

Les États-Unis se sont retirés unilatéralement de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018 et par conséquent « ne peuvent pas initier le processus de réactivation des sanctions de l’ONU en application de la résolution 2231 du Conseil de sécurité », a dit Josep Borrell.

Dans un communiqué publié dimanche, le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué qu’affirmer que les sanctions de l’ONU à l’égard de l’Iran ont été réactivées revenait à « prendre ses rêves pour des réalités », appelant les États-Unis à « avoir le courage de faire enfin face à la réalité et de cesser de parler au nom du Conseil de sécurité de l’ONU.

ACP/Fng/Zng/GGK/Fmb