Quatre militaires camerounais condamnés à 10 ans de prison ferme

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 Kinshasa, 22 Septembre 2020 (ACP).- Quatre militaires camerounais ont été condamnés à dix ans de prison ferme lundi et un autre à deux ans pour l' »assassinat » en 2015 de deux femmes et de leurs deux enfants, exécutés à bout portant dans le nord du pays, ont rapporté mardi les médias locaux.

Les sources rappellent qu’en juillet 2018, une vidéo montrant des soldats criblant de balles ces deux femmes, agenouillées et les yeux bandés, ainsi qu’une fillette et un bébé que l’une d’elles portait sur le dos avait été diffusée sur les réseaux sociaux. La scène se déroulait dans l’extrême-nord où l’armée affronte des groupes jihadistes.

Le gouvernement avait nié l’implication de son armée dans un premier temps, avant de faire arrêter 7 suspects. Deux autres soldats ont été acquittés lundi par le tribunal militaire qui a livré son verdict plus de deux ans après le tollé international provoqué par la vidéo et de nombreux ajournements du procès.

Les sources rappellent que le drame s’était déroulé en 2015 dans la localité de Zeleved, dans l’extrême-nord du Cameroun, où le groupe jihadiste nigérian Boko Haram et une branche dissidente multiplient les attaques meurtrières ces dernières années contre les civils et l’armée.

Lorsque la vidéo était devenue virale sur les réseaux sociaux trois ans plus tard, le pouvoir du président Paul Biya, à la tête du Cameroun depuis 1982, ainsi que l’armée, avaient fermement nié l’implication de leurs soldats, parlant de « fake-news » et d’ « horrible trucage ».

Mais ils s’étaient rétractés en août 2018, annonçant l’arrestation de sept militaires, précisent ces sources.

Le 21 octobre, ceux-ci avaient tous plaidé non coupable devant le tribunal militaire. « Toutes les victimes de violations des droits humains perpétrées par les forces de sécurité camerounaises dans le cadre de la lutte contre Boko Haram doivent obtenir justice, mais une justice équitable, devant les juridictions ordinaires », a commenté Amnesty international dans un communiqué sur le verdict.

Cyriaque Hilaire Bytlaya, Jean Tchanga et Barnabas Donossou, des soldats du rang, ont été reconnus coupables « d’assassinat », avant d’être condamnés en première instance à 10 ans de prison ferme. La même peine a été infligée au capitaine Etienne Fabassou, chef des accusés au moment des faits, pour « complicité d’assassinat ».

 Un cinquième soldat, Ghislain Ntienche, a, pour sa part, écopé de deux ans pour « violation de consignes ». L’avocat du capitaine Fabassou a déjà annoncé qu’il ferait appel. Selon lui, la procédure judiciaire n’a pas été suivie car « les ayants droits des victimes n’ont jamais comparu et n’ont pas été entendus ». ACP/Fng/Zng/GGK/Fmb