Génocide de 1994 au Rwanda : trois Rwandais arrêtés en Belgique

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Kinshasa, 04 octobre 2020 (ACP).- Trois Rwandais ont été arrêtés en Belgique  dans le cadre d’enquêtes sur le génocide de 1994 au Rwanda qui avait fait 800 000 victimes, essentiellement des Tutsis. Ces interpellations ont eu lieu mardi et mercredi, à Bruxelles et dans la province du Hainaut, ont annoncé dimanche les médias étrangers, citant une  information du journal belge Le Vif  et confirmée par le parquet fédéral

Selon le parquet fédéral, ces trois personnes étaient recherchées pour «des violations graves du droit international humanitaire».

Il s’agit de deux dossiers distincts mais très semblables, indique les sources des médias locaux, ajoutant que pour l’heure, la justice belge refuse de communiquer les noms. Mais selon le journal belge Le Vif, il s’agirait de Pierre Bassabossé, de Séraphin Twahirwa et de Christophe Ndangali.

Le premier est un ancien membre de l’Akazu, cercle proche des durs du régime hutu à l’époque. Félicien Kabuga, récemment arrêté en France, faisait également partie de ce groupe dirigé par la femme de l’ex-président rwandais, Agathe Habyarimana. Selon le porte-parole du parquet belge, une quarantaine de témoignages ont été rassemblés contre ces trois hommes. Les enquêteurs belges se sont aussi rendus au Rwanda.

Séraphin Twahirwa, lui, était chef de milice Interahamwe dans un quartier de Kigali, selon la présidente d’Ibuka Belgique, Félicité Lyamukuru. Quant au dernier interpellé, Christophe Ndangali, il est présenté par la Commission rwandaise de lutte contre le génocide comme un «enseignant et intellectuel»

Il aurait joué un rôle clef dans l’exclusion des Tutsis du système scolaire mais aussi dans la propagande appelant à leur «extermination». Selon Ibuka, Christophe Ndangali était membre actif du MRND dans une préfecture du Nord, le parti unique à la tête du Rwanda au moment du génocide.

L’une des personnes appréhendées est placée sous bracelet électronique. Les deux autres sont en détention provisoire. La Chambre du Conseil belge doit se prononcer, mardi 6 octobre, sur leur maintien ou non en détention.

Quant au renvoi éventuel de ces suspects devant une cour d’assises en Belgique, il n’est pas encore assuré. Il «sera déterminé en dernier lieu sur la base du dossier présenté par le juge d’instruction et le parquet», explique le porte-parole de la justice belge.

Cinq procès liés au génocide ont déjà été organisés en Belgique, rappellent les sources, notant que la dernière condamnation en date concerne l’ancien haut fonctionnaire rwandais Fabien Neretse. Il avait été condamné en décembre dernier à 25 ans de prison pour «crimes de guerre» et «crime de génocide».

Du côté de Kigali, on indique avoir demandé leur extradition, sans grand espoir. «Nous comprenons que la Belgique a l’obligation de les juger. Nous désirons donc que justice soit faite», explique l’autorité du parquet rwandais. ACP/CL/Fmb