Une répression à balles réelles d’une manifestation au Nigeria,

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Kinshasa, 21 octobre 2020(ACP).- Des violences ont émaillé mardi la contestation pacifique de la jeunesse nigériane contre le pouvoir, entraînant l’instauration d’un couvre-feu de 24 heures à Lagos dans l’après-midi, ont indiqué mercredi des agences de presse internationale. La répression des manifestants par les forces de l’ordre a ensuite fait plusieurs morts et blessés à balles réelles, selon Amnesty International.

« Plusieurs manifestants ont été tués, on cherche à savoir exactement combien », a déclaré Isa Sanusi, porte-parole de l’ONG. De nombreux blessés étaient acheminés dans plusieurs hôpitaux privés de la ville qui avaient ouvert leurs portes aux manifestants. « J’ai deux personnes avec moi dans ma voiture, une femme et un homme, dans un état critique », a déclaré à Innocent A., l’un des participants à la manifestation.

« J’ai déjà déposé deux personnes à l’hôpital Lagoon (à Ikoyi), l’un était blessé par balles dans le dos, et l’autre à l’estomac », a-t-il expliqué. « Ce sont les quatre personnes dont j’ai pu m’occuper, le reste je ne sais pas. », a-t-il ajouté. Ces nombreux tirs sur les manifestants font suite à l’entrée en vigueur d’un couvre-feu total à Lagos pour tenter d’éteindre un mouvement populaire qui ne cesse de s’étendre à travers le pays. « Tous les manifestants étaient assis pacifiquement, et à la nuit tombée les lumières de l’éclairage public et des panneaux publicitaires se sont éteints d’un coup », raconte Toye, une manifestante de 32 ans.

« Tout le monde a crié et des hommes sont arrivés et ont commencé à tirer et tout le monde a couru pour sauver sa vie », rapporte-t-elle. Les manifestations de la jeunesse contre les violences policières se sont étendues à des contestations contre le pouvoir et depuis 12 jours, des milliers de jeunes Nigérians battent le pavé dans les grandes villes du Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique et première puissance économique du continent.

Au moins 18 personnes, dont deux policiers, sont mortes dans ces marches, qui avaient été jusque récemment globalement pacifiques. Par ailleurs, l’inspecteur général de la police a ordonné mardi après-midi le déploiement immédiat d’une unité de police anti-émeutes dans tout le pays « afin de protéger les Nigérians et leurs biens, et pour sécuriser les infrastructures nationales indispensables ».

Cette mobilisation inédite au Nigeria – qui est née début octobre sur les réseaux sociaux pour dénoncer les violences policières – s’est peu à peu muée en un mouvement contre le pouvoir en place et la mauvaise gouvernance. ACP/Kayu/ODM/KJI