Une thèse de doctorat à l’Unikin sur la protection de la liberté de manifestation

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Kinshasa, 25 Octobre 2020 (ACP).- Le chef de travaux Charles Odiko Lokangaka a été proclamé samedi, docteur en droit à l’Université de Kinshasa(UNIKIN), avec la mention «la plus grande distinction», à l’issue de la soutenance publique d’une thèse de doctorat intitulée : «La protection de la liberté de manifestation en République démocratique du Congo. Etude de droit comparé  français, espagnol et béninois».

Le récipiendaire a analysé dans cette étude doctorale,  la protection de la liberté de manifestation dans l’espace public en RDC, qui selon lui, suscite de nombreuses interrogations que de réponses susceptibles de compréhension.

La garantie constitutionnelle offerte à l’article 26 de la loi fondamentale pour sa jouissance effective devrait être complétée par une loi portant mesures d’application, aux termes de l’alinéa 4 de la disposition sus-évoquée, a-t-il suggéré.

Le défaut de promulgation formelle de cette loi, a-t-il poursuivi, laisse cohabiter dans l’arsenal juridique deux textes contradictoires qui tentent à se neutraliser mutuellement et à favoriser dans la pratique, la prédominance des effets de la norme inférieure sur ceux de norme supérieure, engendrant ainsi une anomalie juridique susceptible de porter atteinte au principe de la hiérarchie des normes juridiques.

Eu égard à cette anomalie juridique, Charles Odiko a trouvé nécessaire de mener une étude du régime de protection constitutionnelle de la liberté de manifestation en droit positif congolais par rapport à d’autres systèmes juridiques existants.

Il a à cet effet, soulevé les  questions liées notamment aux facteurs qui participent à la dégradation des conditions d’exercice du droit de manifester en RDC et aux pistes thérapeutiques appropriées pour rendre effective la protection du droit de manifester en RDC.

Nécessité de renforcer des sanctions d’entrave au droit de manifester en RDC

Charles  Odiko Lokangaka a recommandé  dans cette dissertation doctorale, de procéder à l’harmonisation du système de protection du droit de manifester par le renforcement et l’individualisation des sanctions de l’entrave au droit de manifester.

Il a  également  préconisé de renforcer  l’éducation constitutionnelle en vue de la citoyenneté active si l’on veut réellement  donner  une portée réelle du droit de manifester dans un environnement où le juge joue un rôle central.

Toutes ces questions évoquées par l’impétrant,  donnent des réponses à l’hypothèse selon laquelle l’absence d’un régime juridique cohérent, l’inexistence et l’obsolescence des sanctions de l’entrave ainsi que la persistance de la culture autocratique et l’incivisme des citoyens constituent les principaux vecteurs de la fragilité de l’exercice de manifestation en RDC.

Cette thèse a été examinée par le jury composé de promoteur et co promoteur de ladite thèse, respectivement les professeurs, Jacques Djoli Esengeli et Ngondankoy  Nkoy-ea-Loongya, le président du jury, le Pr Jean-Louis Esambo, le secrétaire du jury, le Pr Célestin Musao Kalombo et le membre de ce jury, Ilume Moke.

La séance académique a été présidée par le secrétaire général administratif de l’UNIKIN, le Pr Godefroid Kabengele Dibwe qui a représenté le recteur. ACP/CL/Fmb