Réaction des femmes leaders à l’appel du Chef de l’Etat pour  la création d’une Union sacrée

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Kinshasa, 28 octobre 2020 (ACP).- Des femmes leaders principalement activistes et défenseuses des droits de l’homme ont donné de la voix, pour réagir à l’appel du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi Tshilombo de créer une «Union sacrée pour la Nation», en vue de mettre un terme à la crise au sein de la coalition «FCC-Cach», rapporte un document parvenu mercredi à l’ACP.

Pour  Chantal Faida, activiste sociale basée à Goma, dans le Nord-Kivu, tous ceux qui seront consultés doivent être guidés par le souci de respecter des textes juridiques qui existent. Elle suggère aux acteurs politiques qui prendront part à ces consultations nationales, de favoriser les attentes sociales des Congolais.

«La classe politique congolaise devrait se concentrer sur les priorités sociales.

Depuis l’alternance au sommet de l’Etat, la population attend de voir les actions sociales de développement, d’investissement, dans le secteur de l’énergie, des transports, de la recherche scientifique», a-t-elle dit, ajoutant : «Elle  devrait  aussi impliquer suffisamment la jeunesse dans toute initiative populaire».

Une présence remarquée de la femme

En tant que défenseuse des droits des femmes, Chantal Faida souhaite, qu’à défaut de 50% en respect de la parité prescrite par l’article 14 de la Constitution, l’Union sacrée s’efforce de produire 30% de la part réservée à la femme. Elle appelle également les femmes politiques à jouer le rôle de rassembleuses et sapeurs-pompiers «étant donné les points de vue diamétralement opposés dans tous les camps».

Economiste de formation, elle est également étudiante en master Leader à la haute école de leadership « Eco for leaders ».

Pas de sujet tabou car tout doit être mis sur la table, propose Léonie Kandolo

                             sa part, Léonie Kandolo, activiste des droits économiques, sociaux et experte en gouvernance préconise que  tous les sujets soient abordés lors de ces échanges. Il s’agit notamment de ceux liés à la paix et la sécurité, à la commission électorale, aux élections à venir, à la gestion du portefeuille de l’Etat, à l’éducation, à la santé et à l’instauration forte de l’Etat de droit.

Elle a déclaré : « Toutes ces thématiques doivent être abordées en mettant l’homme et la femme congolais au centre. Il faut penser au bien-être, aux conditions sociales, à l’éducation et au devenir de notre jeunesse. Nous devons penser à mettre en avant plan l’homme et la femme congolais plutôt que des intérêts individuels, le partage du gâteau. Seuls des citoyens en bien-être social peuvent travailler pour le développement de leur nation ».

Assurer la promotion de l’égalité des sexes

Concernant la place que devrait occuper la femme au cours de ces consultations, Léonie Kandolo reconnait que le Chef de l’Etat, depuis son élection, accorde une attention particulière aux femmes.

Elle lui demande de choisir des femmes qui ont une grande expertise et expérience, celles qui vont apporter une vision particulière ayant trait au développement, à l’éducation et à toutes les thématiques. Elle a affirmé que l’Union sacrée est  une source de bénédiction pour sauver la RDC.

Léonie Kandolo a été membre et porte-parole du Comité Laïc de Coordination (CLC), un mouvement de l’église catholique qui s’est opposé au pouvoir de l’ex-président Joseph Kabila.

La participation de la femme constitue une valeur ajoutée au processus de paix

S’exprimant à son tour sur la question en vedette, Anny Modi, Directrice Exécutive de «AFIA MAMA», une structure d’encadrement de la femme, a plaidé pour la participation remarquée  de la femme car elle constitue une valeur ajoutée  au processus de la paix.

 «Nul n’ignore que le pays traverse une crise qu’aucune action gouvernementale ne peut résoudre si ce n’est le souverain primaire. C’est donc par sagesse, que le Chef de l’Etat a décidé d’entamer des consultations» soutient Anny Modi.

Cinq axes prioritaires

Pour elle, cinq éléments doivent être pris en compte au cours de ces assises, notamment: la sécurité, l’éducation et l’emploi.

«Les priorités au cours de ces consultations sont les questions de bases de nos populations qui n’ont jusque-là bénéficié d’aucune action gouvernementale concrète en termes de sécurité (l’insécurité, les conflits armés, conflits intercommunautaires), d’éducation (des enseignants ne donnent pas cours malgré la gratuité de l’enseignement), d’emploi (taux de chômage élevé), et enfin, en termes de lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics».

Elle a enfin demandé qu’il soit réservé une part considérable à la femme lors de ces consultations. ACP/Awa