4ème jour des consultations : le MS-AAD évoque la nécessité de réformer la CENI avant la désignation de ses animateurs

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Kinshasa, 5 novembre 2020 (ACP).- Le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, poursuivant la série de consultations, a reçu tour à tour jeudi, au Palais de la Nation, des regroupements politiques, le Conseil d’Administration des universités du Congo, le collectif des candidats à la présidentielle de 2018 et l’acteur politique Mbusa Nyamwisi.

La délégation du regroupement politique  MS-AAD conduite par le député national Dieudonné Bolengetenge a proposé au Chef de l’Etat les réformes de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avant la désignation de ses nouveaux animateurs.

Le MS-AAD a dénoncé les tentatives politiques d’avoir la main mise sur la centrale électorale de la RDC.

« Nous savons qu’en matière de consolidation de notre démocratie, il y a un vaste chantier en ce qui concerne les questions électorales. Nous sommes de ceux qui pensent qu’il faut réformer la CENI. Lorsqu’une coalition politique arrive au pouvoir, elle a le droit de gouverner parce qu’elle a gagné la majorité de suffrages auprès du peuple congolais mais n’a pas le droit de se donner une part de lion dans une structure appelée à arbitrer sur la question électorale », a dit le député Dieudonné Bolengetenge à l’issue de l’entretien avec le Chef de l’Etat.

Pour lui, la CENI doit rassurer en tout temps, tous les compétiteurs électoraux. C’est pourquoi, a-t-il dit, son regroupement politique est de ceux qui proposent de réfléchir, de mettre en marche d’abord les réformes et désigner par la suite les animateurs de la CENI.

« Qu’on revoit ce qui peut être le rôle de la société civile et le rôle des forces politiques dans la CENI de manière à rassurer tout le monde. Et non pas aller aux élections avec un mécanisme électoral qui fonctionne bien seulement avec les urnes », a souligné cet élu du peuple.

Le groupe parlementaire « Mouvement social et alliés » (MS-AA2 G7) a, quant à lui, soutenu la nécessité de créer une nouvelle majorité parlementaire.

C’est ce qui ressort de leur rencontre avec le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Ce groupe parlementaire dit avoir plaidé aussi pour le rétablissement de la sécurité dans l’Est du pays et la réforme  de la CENI.

A ce sujet, ces députés nationaux ont émis le vœu de voir cette institution dépolitisée pour la bonne marche de la démocratie et la crédibilité des élections.

Le Conseil d’administration des universités du Congo a demandé au Président de la République de tenir compte de difficultés dont fait face l’Enseignement supérieur et universitaire du pays et de s’impliquer pour la tenue des états généraux de l’enseignement universitaire.

Mgr Tshibangu Tshishiku, président de cette structure a fait savoir, à l’issue de sa rencontre avec le Président de la République, qu’au cours de l’année académique 2019-2020 des constats parfois très alarmants ont été faits et publiés sur divers problèmes que connait l’université.

« Nous sollicitons du Chef de l’Etat de prêter grande attention à ces observations et à y répondre et à faire face au mieux. La valeur de notre système universitaire comme celui du socle de l’enseignement primaire et secondaire ne sont pas à remettre en cause même s’il faut les améliorer. Depuis la période coloniale, il est toujours parmi le mieux reconnu dans le monde », a-t-il dit.

Le président du Conseil d’administration des Universités du Congo, qui était accompagné du recteur de l’Université de Lubumbashi, le Pr Gilbert Kishiba Fitula, a annoncé la tenue  des états généraux de l’Enseignement supérieur et universitaire qui seront organisés par le ministère de l’ESU.

L’ancien ministre des Affaires étrangères, Mbusa Nyamwisi,  a exprimé la nécessité d’apporter un appui nécessaire au Président Félix Tshisekedi Tshilombo, à l’issue de sa rencontre avec le Chef de l’Etat.

«Je salue l’initiative, je suis disponible de pouvoir apporter ma part. Nous avons un pays, vous savez dans quel état il se trouve, tout n’est pas mal, tout n’est pas rose. On a besoin des bras, des mains pour relancer la machine pour contribuer à ce que les choses aillent de l’avant pour le plus grand nombre », a-t-il déclaré.

A la question de savoir s’il a convaincu le Président Félix Tshisekedi par ses arguments, Mbusa Nyamwisi argue : « Je n’ai pas à le convaincre parce qu’il est convaincu de cela, c’est lui qui a lancé cette initiative, c’est parce qu’il estime qu’il a besoin d’un nouvel élan, et sur cela, nous devons lui apporter un appui nécessaire ».

« Je souhaite le mieux pour tous ceux qui sont sur la place publique, parce qu’on y est pour pouvoir contribuer à bâtir un bien-être collectif. Le pouvoir pour le pouvoir ne sert à rien, on l’a déjà expérimenté. J’ai eu l’avantage de faire le tour dans certains pays qui nous entourent, même lointains, je sais que nous accusons un terrible retard. Nous devons vite nous mettre à l’esprit qu’il y a un travail à faire, nous devons courir lorsque les autres marchent parce qu’on affiche un terrible retard », a-t-il souligné.

Au lendemain de la prise de pouvoir du Président Félix Tshisekedi, Mbusa Nyamwisi avait manifesté sa disponibilité à l’accompagner notamment dans la recherche de la paix dans l’Est du pays et la lutte contre Ebola au Nord-Kivu et en Ituri, rappelle-t-on.

 

Le collectif des anciens candidats à l’élection présidentielle du 30 décembre 2018 soutiennent quant à eux, l’idée de la création d’une Union sacrée de la nation.

Le  Pr Tryphon Kin-Kiey Mulumba l’a affirmé à la presse à l’issue de leur rencontre avec le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans le cadre des consultations présidentielles.

« Le Président de la République a voulu recevoir des anciens candidats, chacun avait son projet, son programme et donc nous ne partageons pas toujours les mêmes vues. Je peux vous assurer que chacun de nous s’est exprimé librement peut-être pendant 5 ou 10 minutes devant le Président de la République. Ça été quelque chose de formidable (…) Je partage parfaitement le discours du président de la République, et je peux vous assurer que de toute façon, tous ces candidats partagent le discours du président de la République et veulent qu’il y ait un grand changement », a déclaré Kin-Kiey Mulumba.

Cependant, l’ancien ministre des Relations avec le Parlement a insisté sur le fait que la crise qui sévit actuellement au pays tire son origine des élections du 30 décembre 2018, particulièrement des législatives nationales.

« La présidentielle a apporté la paix, mais en ce qui concerne les législatives, vous savez très bien qu’il y a eu des choses qui ne sont pas acceptables (…) Donc, on est parti du fait qu’un Président de la République qui a gagné l’élection mais qui se retrouve face à une majorité parlementaire fabriquée. Qu’est-ce qu’il fallait faire ? On devait s’attendre forcément à la crise qu’il y a eu aujourd’hui. Nous sommes dans un régime semi-présidentiel donc en fait, un régime parlementaire et le président de la République ne partage pas la même vision avec le parlement. Nous sommes en crise », a martelé cet acteur politique.

Chacun de ces anciens candidats à la présidentielle de 2018 a remis un mémorandum au Chef de l’État dont les contenus n’ont pas été révélés.

Rappelons que ces consultations interviennent dans un climat tendu entre les alliés au pouvoir, à savoir le Cap pour le Changement (CACH) du Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et le  Front Commun pour le Congo (FCC) de l’ex-Président Joseph Kabila.

Le boycott par le camp Kabila de la prestation de serment des juges nommés par le Chef de l’Etat à la Cour constitutionnelle est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

ACP/GGK